Paris-Tokyo, aller-retour à la MCJP

La petite exposition de la Maison de la Culture du Japon à Paris présente actuellement vingt-deux photographies ayant pour thème la ville de Tokyo, à travers trois objectifs, trois regards français qui capturent la ville sous un angle radicalement différent.

La photographe franco-japonaise Chill Okubo capture ce qui fait l’essence même de la ville : la population tokyoïte. Mais ses clichés s’éloignent de l’imaginaire collectif qui se constitue autour de l’une des villes les plus densément peuplée au monde. Dans cette série, oubliez les quartiers surbondés de la capitale, les files d’attentes caractéristiques du métro japonais, cette effervescence qui semble indissociable de la ville. La photographe privilégie les rues désertes, un seul individu dans le cadre, qu’il soit face au mur du parc du palais impérial où un mur matraqué d’affiches publicitaires. L’individu dans cette ville qui regorge de vie à chaque recoin semble ici, s’effacer. Il disparaît complètement dans la série de photographies de Richard Dumas, qui privilégie une approche de la ville purement architecturale. Monochromes, ses photographies jouent du contraste prononcé pour sculpter dans l’espace l’architecture omniprésente, et jouer avec les ombres. La population s’efface complètement, la ville de Tokyo semble ici désertée par ses habitants : une vision bien singulière de la mégalopole qui en compte trente-cinq millions. Guillaume de Sardes tranche radicalement avec les deux séries précédentes et opte pour la photographie couleur, choisissant pour cadre le jardin japonais. Loin des lignes brutes des architectures du vingtième siècle capturées en noir et blanc par Dumas, le photographe opte pour la végétation abondante et riche en couleurs. Si le thème paraît plus léger de prime abord, l’expression de son modèle nous renvoie à Kawabata, cet écrivain prix Nobel de littérature qui était sans cesse obsédé par la beauté, la solitude, la mort. Minimaliste, la scénographie n’a pas cherché à confronter les photographes et expose distinctement les trois séries, complémentaires, dont les ponts entre elles se construiront au fil de la courte déambulation du visiteur.

Trois photographes français, trois approches radicalement différentes de la capitale japonaise, telle est la proposition de cet aller-retour Paris-Tokyo qui se trouve au cœur d’une saison où les expositions temporaires s’offrent une pause et les grands musées de la capitale regorgent de visiteurs. Pourquoi se priver ?

© MCJP
© MCJP
Maison de la Culture du Japon à Paris
Paris-Tokyo, aller-retour
15-25 Juillet 2015
Entrée libre

Nicolas Alpach

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