Les parties hautes du Panthéon de nouveau accessibles au public

Le retrait du monumental échafaudage autoporté du dôme et du tambour du Panthéon dévoila aux Parisiens les parties hautes de l’édifice qui retrouvèrent leur éclat et leur blancheur d’origine. Mieux encore, elles sont désormais de nouveaux accessibles aux public. Découverte des lieux en avant-première. Personnes sensibles au vertige, s’abstenir.

Là haut, sur la montagne Sainte-Geneviève

Si la découverte du panorama à 360° à trente mètres de hauteur apparaît comme le but ultime, l’ascension vers le dôme du Panthéon fait partie intégrante de l’expérience de visite. À l’opposé de l’accès au sommet de l’Arc de Triomphe qui se fait majoritairement par un simple escalier en colimaçon, arpenter le Panthéon s’apparente à une exploration du monument sous presque toutes ses coutures. Après une première vague d’escaliers, le visiteur redécouvre une vue inédite sur l’intérieur de l’édifice depuis les tribunes, une hauteur et une perspective impressionnantes qui dévoilent le pendule de Foucault, installé depuis 1851 et qui, dans un mouvement de rotation perpétuel, démontre la rotation de la terre sur elle-même. Les yeux les plus avisés tourneront le dos à cette perspective pour essayer de contempler à quelques mètres de distance, les monumentales peintures murales d’Hector d’Espouy, réalisées en 1906. Les archéologues dans l’âme, eux, déchiffreront les nombreux graffitis du XIXe siècle gravés dans les parois des escaliers.

Cette première étape marque la moitié de l’ascension vers les parties hautes, qui révèle encore quelques surprises et un chemin de plus en plus tortueux. On monte quelques marches, on en redescend quelques autres, on arpente les entrailles de l’édifice qui se dévoile sous un nouveau jour : loin de la monumentalité de sa nef et de l’aspect solennel de sa crypte, les galeries d’accès aux tribunes nous dévoilent les dessous de cette colossale architecture qui fut avant la construction de la tour Eiffel, le plus haut bâtiment parisien. Derrière des barreaux, quelques copies en plâtre du fronton de David d’Angers, réalisés par le sculpteur Carlo Sarrabezolles à l’occasion de la restauration du fronton de 1964. Éclairés en plongé, se détachant de la pénombre, cet écrin presque mystique offre un parfait négatif de ces sculptures qui couronnent triomphalement le péristyle de l’édifice.

Cette galerie d’accès aux tribunes débouche sur la coursive sud-ouest, qui marque le premier panorama sur la mairie du 5e arrondissement et la rue Soufflot, mais surtout sur le dôme lui-même, écrasant, intimidant et dont l’accès se fait par un escalier pentu, sas vertigineux entre la coursive et le tambour. Une fois à l’intérieur, le but ultime de la visite ne semble plus très loin. Il faut pourtant encore parcourir une dernière galerie qui débouche sur la coursive l’intérieure du dôme qui surplombe la nef et offre une vue imprenable sur L’Apothéose de Sainte-Geneviève d’Antoine-Jean Gros, coursive malheureusement inaccessible au public. Au fur et à mesure qu’approche le sommet, le chemin se fait de plus en plus exigu, mais la récompense est proche, et passé un dernier escalier en spirale très étroit, la lumière s’engouffre et sature les dernières marches : le péristyle du dôme se dévoile enfin.

Une vue à couper le Soufflot

S’il est tentant de se précipiter immédiatement vers le panorama de la ville, il est tout autant intéressant de tourner le dos à la hauteur afin de contempler le travail des restaurateurs qui œuvrèrent sur une architecture à la fois endommagée par les intempéries, le vieillissement des pierres et la mauvaise répartition des poussées sur les piles et les arcs de la croisée du transept menaçaient la bonne tenue du bâtiment.

Les agrafes insérées dans les maçonneries, invisibles, ont été restaurées ou recréées, tout comme les sculptures, exposées aux conditions climatiques et qui furent elles aussi soumises à une restauration ou une recréation complète. Des colonnes massives aux parties de la voûte à caissons et fleurons, chaque élément architectural et décoratif retrouve son éclat originel. Le clou du spectacle demeure bien évidemment le panorama à 360° sur toute la capitale. Surplombant tous les toits sans se détacher du paysage urbain comme l’on peut le ressentir sur les passerelles de la Dame de fer, la vue des parties hautes du Panthéon domine tout le quartier latin. Des heures ne suffiraient pas pour relever chaque quartier, chaque monument, strates architecturales offertes par la ville, de la colline de Montmatre au quartier des Olympiades, de l’Arc de Triomphe au bois de Vincennes. Boudé par les Français, 70 % des visiteurs de 2015 étaient étrangers. Gageons que cette réouverture des parties hautes créera un déclic chez le public francophone, curieux de redécouvrir ce monument à la gloire des grands hommes et sa vue imprenable sur la capitale.


Accessibles dès le 1er avril 2016, les parties hautes du Panthéon se visitent par groupe de 50 personnes maximum, à travers six horaires de visite : 10h15 (réservées aux groupes et tours opérateurs), 11h00, 12h00, 13h30, 14h30, 15h30 et 16h30. Comptez une heure de visite et un supplément de 2 € sur le billet d’entrée du monument pour accéder au péristyle de l’édifice.

Nicolas Alpach

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