Monumenta 2016, Sotheby’s et l’Opéra Garnier

Vente Taubman chez Sotheby’s en demi-teinte

Résultats mitigés pour la vente « historique » de la collection d’Alfred Taubman. Annoncée comme la vente record de Sotheby’s, estimée à 500.000.000 $, le total des enchères ne s’élèva « seulement » qu’à 377 millions de dollars. La star de la soirée fut sans conteste le portrait de Paulette Jourdain que les collectionneurs s’arrachèrent avant d’être adjugée à 42.800.000 $. Déception cependant pour Degas. C’est à une foule silencieuse qu’Olivier Barker présenta Femme nue de dos, se coiffant, aucune main ne daignant à se lever pour surenchérir sur le tableau estimé à 20.000.00 $.

Des Empires sous la nef du Grand Palais

Après un traversée du désert de trois ans, Monumenta réinvestit l’espace de la nef du Grand Palais. L’installation Empires de Huang Yong Ping commence à se dévoiler, et devrait se composer « d’une architecture de couleur constituée de huit îlots surplombée d’une structure dont l’ombre portée se même par son sens et sa forme à celles des nervures métalliques de la verrière ». La proposition décevante des Kabakov en 2013 (145.000 visiteurs) fut loin d’atteindre le succès rencontré par le Léviathan d’Anish Kapoor (277.000 visiteurs). Huang Yong Ping est un habitué des œuvres monumentales, en témoignent l’Arche 2009, une arche de Noé grandeur nature qui investissait la chapelle de l’école des Beaux-Arts de Paris, ou encore Serpent d’Océan, qui habitait les eaux de Saint-Brévin-les-Pins. Gageons que l’artiste saura profiter de l’espace monumental offert par la nef pour nous offrir une œuvre à la hauteur de son talent et de ses ambitions.

Serpent d’ocean, Huang Yong Ping, Saint-Brévin-les-pins, 2012 © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

La rentabilité aux premières loges de l’Opéra Garnier

Sans scrupules, la direction de l’Opéra Garnier sembla judicieux d’amputer la salle de ses loges du premier et second niveau afin d’y placer des cloisons mobiles et des sièges supplémentaires. L’harmonie et la régularité voulues par Charles Garnier ont désormais disparu. Voir sans être vu, une caractéristique qui était propre au monument et constituait tout l’âme de cet édifice, où tout le spectacle de ces soirées se passaient parfois davantage dans les loges que sur la scène. La salle, bâtie dans un pur style Second Empire perd toute l’intimité des loges pour entasser davantage de spectateurs. La richesse des stucs dorés due monter à la tête de la direction, sacrifiant son patrimoine sur l’autel de la rentabilité. Guy Boyer, directeur de rédaction de Connaissance des Arts fut le premier à dénoncer ce vandalisme architectural, photo à l’appui.

Nicolas Alpach

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