Curieuse nocturne au musée d’Orsay

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La nocturne d’un musée permet généralement de contempler les œuvres dans une ambiance plus intimiste, avec une foule moindre et une ambiance nocturne qui transcende littéralement l’atmosphère des salles. Le musée d’Orsay décida lors de sa nocturne du 26 novembre, de briser ces règles établies pour proposer une soirée exceptionnelle, placée sous le signe des femmes et du jazz.

Pionnières de l’image. Le thème de la soirée accordait une place de choix aux femmes photographes, cinéastes et musiciennes en plongeant l’intégralité du musée dans une ambiance festive dont les établissements ont bien besoin en ce moment. Faisant écho à l’exposition qui prend place au cinquième niveau du musée « Qui a peur des femmes photographes ? 1918-1945 ? », les femmes étaient les reines de la soirée. Les festivités commencèrent dans l’espace de l’exposition temporaire avec une performance théâtrale de la compagnie du Chat huant, autour de la vie de Claude Cahun (Lucy Schwob). Deux autres performances parsèmeront la soirée, autour d’Ella Maillart et Lee Miller.

Toute la nocturne fut rythmée par les sessions jazz du groupe Palace of Mirrors qui joua sans répit jusqu’à la fermeture de l’établissement. Dans la nef du musée, trois ciné-concerts tous dédiés à trois cinéastes : Alice Guy, Germaine Dulac et Ella Maillart. Des scènes comiques teintées de maternité et de féminisme d’Alice Guy aux envoûtants voyages en Asie d’Ella Maillart, le groupe accompagna avec brio chaque projection, faisant résonner les cuivres et les percussions jusqu’à la galerie des impressionnistes située cinq niveaux plus haut, où la délectation artistique se fit le temps d’une soirée, en musique. Entre deux projections, pas question pour le groupe de laisser le musée plongé dans le silence : Palace of Mirrors se rendit après chaque projection, tout en jouant joyeusement When the Saint Go Marching In, au Café Campana pour réinterpréter façon jazz le Prélude à l’après midi-d’un faune de Debussy ou la Danse Macabre de Camille de Saint-Sens. Salle comble.

Curieuse nocturne fut le nom donné à cette initiative. Espérons qu’elle en appellera d’autres. Si les musées accusent une cruelle baisse de fréquentation ces derniers temps, Orsay parvint le temps d’une nocturne à donner du baume au cœur aux nombreux et jeune visiteurs visiteurs qui se sont appropriés la nef habillée en cinéma, et le café Campana en salle de concert. En attendant la prochaine nocturne de ce type, c’est au musée du Louvre d’ouvrir ses portes au jeune public le 27 novembre 2016 en proposant de nouveau « les Jeunes ont la parole », où les étudiants en école de médecine, histoire de l’art, architecture ou musique, deviendront les médiateurs du musée le temps d’une soirée placée sous le signe du partage.

Musée d’Orsay
Curieuses nocturnes
Les Pionnières de l’image

Nicolas Alpach

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