La Pinacothèque de Paris placée en redressement judiciaire

La Pinacothèque dans le rouge : la société ART HÉRITAGE FRANCE, comptant une cinquantaine de salariés, est placée en redressement judiciaire depuis le 3 novembre 2015. Une surprise ? Pas vraiment.

L’ouverture de son antenne à Singapour en mai dernier, ne permit pas au directeur Marc Restellini de contourner les troubles rencontrés par l’entreprise : grève des agents de sécurité afin de protester contre des retards sur les salaires de plusieurs semaines, dérives en justice d’Yves Bouvier, associé du directeur, accusé d’escroquerie et de complicité de blanchiment, programmation et conditions de visite désastreuses… Surfer sur la vague du Kamasutra et des Geishas ne séduit plus le public, pas plus que le Pressionnisme… Quant aux expositions permanentes dédiées aux grands noms de l’histoire de l’art, le public est en droit de s’attendre à un propos et à des œuvres de qualité.

Et l’enfant Saint jeta un regard désespéré sur le déclin de l’humanité pour laquelle il se sacrifia

Mais la Pinacothèque de Paris aime jouer avec le visuel de ses affiches et les titres de ses expositions. Des Klimt qui se comptèrent sur les doigts de la main pour l’exposition Au temps de Klimt. La Sécession à Vienne, un Rubens (une peinture, deux estampes) et deux Van Dyck pour une exposition mettant en avant les deux artistes sur l’affiche, précédés d’un discret Les chefs-d’œuvre flamands de la collection Gerstenmaier, les visiteurs frustrés, ne s’y feront pas reprendre deux fois. Ce ne sont pas le prix du billet excessif, les espaces sombres et étriqués qui les encourageront à pousser de nouveau les portes du musée privé. Peut-on compter sur la programmation culturelle actuelle pour redresser l’activité de l’entreprise (et empêcher la liquidation judiciaire) ? Difficile d’y croire, quand la Pinacothèque propose en ce moment une exposition consacrée aux photographies de Karl Lagerfeld, ou aux codex révélés de Léonard de Vinci (rien que cela)…

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Nicolas Alpach

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9 thoughts on “La Pinacothèque de Paris placée en redressement judiciaire

  1. En réponse à votre article qui semble avoir été écrit sans aucune vérification, plusieurs points doivent être clarifiés :

    1) En tant que Musée privé, la Pinacothèque de Paris vit des tickets d’entrées vendus et non de subventions comme la plupart des Musées publics.

    2) Yves Bouvier est actionnaire minoritaire de la Pinacothèque de Singapour sans en être administrateur. Il n’est en aucun cas associé à Marc Restellini et n’a donc aucun rapport avec la Pinacothèque de Paris.

    3) L’exposition sur Klimt a présenté 18 oeuvres du maître (donc cela fait un peu plus que les « les doigts d’une main estropiée »). Par ailleurs, si vous lisez le titre de l’exposition, que d’ailleurs vous mentionnez « Au temps de Klimt. La Sécession à Vienne », le sujet n’était pas centré uniquement sur Klimt mais sur un aspect essentiel de l’Art nouveau qui s’est développé à Vienne au début du XXème siècle sous le nom de Sécession. Ainsi cette exposition retraçait le développement de l’art viennois de la fin du XIXème siècle, début de la Sécession viennoise, jusqu’aux premières années de l’expressionnisme. Il est donc normal qu’il y ait eu d’autres maîtres exposés.
    L’exposition a été couronné d’un succès, il suffit de regarder les chiffres : il y a eu plus de 300 000 visiteurs.

    4) Les expositions sur le Kama-Sutra et les Geishas ont compté chacune plus de 200 000 visiteurs. Succès également mesurable grâce aux retombées presse.

    5) L’exposition De Rubens à Van Dyck présentait la collection privée d’art flamand Hans Rudolf Gerstenmaier, expression de son goût personnel et de sa recherche d’esthétisme. Tous les spécialistes de l’art flamand ont été plus que satisfaits de la qualité de cette exposition. Vous retrouverez toutes ces informations présentes sur le site de la Pinacothèque : http://www.pinacotheque.com, accessible à tout visiteur qui souhaite se renseigner sur une exposition avant de s’y rendre.

    6) Vous parlez du prix excessif des billets, sachez que nous proposons des prix inférieurs aux prix pratiqués par les autres établissements étant donné que l’audio-guide est compris dans le prix. L’entrée est gratuite pour les handicapés et leurs accompagnants.

    7) Enfin, l’exposition regroupant des oeuvres du Codex Atlanticus de Léonard de Vinci à la Pinacothèque de Paris est d’une rare qualité mettant la lumière le génie aux multiples talents d’un avant-gardiste autodidacte et acharné du travail qui a su définir à lui seul l’Homme Universel.

    1. 300 000 visiteurs dans un espace aussi exigu pour une seule expo, permettez-moi d’en douter ! En tout cas ,ça demande une vérification circonstanciée ! Je crois avoir lu (sur le site de Télérama pour être précis) que vous revendiquiez (car vous semblez représenter ce musée) 700 000 visiteurs pour l’expo sur l’Art hollandais en 2009, alors que celle sur Dali au Centre Pompidou avait fait le score mémorable (et vérifié, pour le coup !) de 800 000 visiteurs, pour un espace d’expo bien supérieur : on peut donc avoir de légitimes doutes sur de tels chiffres revendiqués par votre musée !! Voir l’article de Télérama : http://www.telerama.fr/scenes/pinacotheque-de-paris-placee-en-redressement-judiciaire,134844.php#xtor=EPR-126-newsletter_tra-20151130
      Par ailleurs, le prix d’entrée reste supérieur par rapport à d’autres musées (de 9 à 12 euros dans les musées publics), car rien n’oblige le visiteur à prendre un audioguide !! Il ne s’agit ici pour moi de casser du sucre sur le dos de ce musée où j’ai vu des expos très intéressantes, même s’il est vrai que j’ai trouvé les locaux exigus et peu commodes, mais simplement de rétablir quelques vérités, ou tout au moins de mettre en doute certaines affirmations invérifiées destinées à défendre à tout prix ce musée..

  2. Je me souviens d’avoir vu 3 expositions à la Pinacothèque dans la période ou j’étudiez l’Histoire de l’Art à Paris. Je n’en ai pas vu plus car à quelque chose comme 10€ l’exposition en tarif réduit pour les étudiants, cela reste une petite friandise occasionnelle.

    Oui les titres des expositions sont toujours un peu « racoleur », quand on met « Rubens » en gras police 48 en haut du visuel de l’exposition et « les chef-d’oeuvre de la collection…. » en police 16 en bas, bien séparé de l’autre pour que le lien se face le moins possible, on est face à une stratégie commerciale semblable aux « voir conditions en magasin, offre valable à partir de 500€ d’achats dans la limite des stocks disponible du 11 au 12 avril ».

    Cependant, j’ai toujours trouvé de très belles expositions à la Pinacothèque avec un intérêt scientifique. Ma préférée reste celle sur les maîtres de Montparnasse (Modigliani-Soutine en police 45). On y découvrait l’ambiance et l’univers de tous ces artistes soudés, amis, et leur quotidien dans ce quartier. Mais j’ai également vu celle sur Much qui nous faisait découvrir l’artiste en dehors de son oeuvre emblématique. Et encore une sur les masques mayas, une petite merveille.

    Et puis l’un des avantages indéniables de ces expositions, c’est que, alors même qu’elles sont très fréquentées, on peut pleinement profiter des œuvres pendant que la majorité des visiteurs (oui, grappes de mamies en fourrures et aux parfums capiteux, je parle de vous) courent à la recherche des Modigliani et des Soutine.

    En dehors de cet aspect purement pratique, la pinacothèque offre la chance de voir des oeuvres issues de collections souvent privées, que l’on aura probablement pas la chance de revoir avant longtemps, alors un sincère merci à eux!

  3. « Repousser de nouveau les portes du musée » ? Même si vous n’aimez pas le lieu, je doute que vous « repoussiez » les portes… Et même si le verbe existait dans le sens où vous l’employez, « repousser de nouveau » serait un pléonasme. Double faute.

  4. De Rubens à van Dyck est un titre absolument arbitraire : il entend que les œuvres présentées entrent dans des limites chronologiques qui vont de Rubens à Antoine van Dyck. Or, l’exposition, – qui ne montre pas que des chefs-d’œuvre mais certaines laideurs d’artistes profondément inconnus –, montre également des œuvres de la fin du Moyen Âge. Sans compter la couleur des murs, un « violet Milka »… Enfin, le propos de l’exposition est d’un ridicule…! Il s’agit de présenter une collection, très bien. Mais ses thématiques « la nature morte », « la gravure » expose de façon tout à fait artificielle les différents genres de peinture. À part des histoires d’argent entre le collectionneur et le musée, l’intérêt est nul.

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