« Architectures de papier » au musée Nissim de Camondo

Le musée des Arts décoratifs de Paris, c’est aussi le musée Nissim de Camondo. Cet hôtel particulier du début du XXe siècle a été construit par Moïse de Camondo en 1912. Un hôtel unique à Paris car son architecture extérieure prend pour modèle les hôtels particuliers de l’époque moderne, mais la distribution des espaces intérieurs est très contemporaine ; il possède un des premiers ascenseurs de Paris. Transformé en musée depuis 1936, il abrite une collection très riche de mobilier du XVIIIe siècle du tapis à la table, aux toiles de Vigée-Lebrun. Il était le lieu idéal pour sortir des réserves des Arts décoratifs les 24 dessins d’« Architectures de papier ».

Au deuxième étage du musée, deux pièces ont été dépouillées de leur collection pour abriter les dessins. En réalité, et comme le mentionnent la plupart des textes, il s’agit plus d’une « proposition » que d’une « exposition » à proprement parler. Le musée Nissim de Camondo et son commissaire Basile Baudez se gardent bien de créer un discours tiré par les cheveux autour de ces dessins que, à première vue, rien ne rassemble si ce n’est la contemplation et l’étude d’une architecture. Il ne sera donc pas question d’être envahi des textes aux murs, une simple introduction est nécessaire : « admirer la richesse et la diversité du dessin d’architecture ». Ce qui est grandement favorisé par les pièces sélectionnées : des œuvres qui ne sortent pas souvent des réserves.

Les œuvres ont été choisies sans doute pour leur qualité esthétique mais aussi pour ce quelles racontent du monument. 24 dessins – le terme de « dessin » paraît réducteur tant certains sont aboutis – qui représentent l’époque dans laquelle ils s’inscrivent, de l’esquisse d’une architecture XVIIIe siècle, des projets ou du caprice architectural, jusqu’aux dessins qui ont été conçus comme œuvres d’art. Le choix des artistes est aussi audacieux : on ne veut pas réunir les grands noms, mais faire découvrir bien que le sous-titre « de Piranèse à Mallet-Stevens » mentionne deux noms d’architectes majeurs du XVIIIe et du XXe siècle. Là est le petit reproche, l’unique dessin de Piranèse n’est qu’attribué et pas certifié comme étant de la main de l’architecte alors que son homologue Filippo Juvarra plus vieux, aurait pu servir d’accroche au titre. Bien sûr, on apprend. On apprend sur les dessins mêmes – quoique pas tous –, leur contexte et ce qu’ils révèlent du monument en question, sur le commanditaire et l’artiste, sur la technique du dessin…

L’exposition n’est pas grande et n’a pas le temps d’ennuyer le visiteur qui avance chronologiquement, découvre une autre façon de dessiner de Oppenord et son Projet pour la maison de Pierre-Nicolas Gaudion qui peaufine chaque détail d’une rambarde d’escalier en 1732 à un Jardin de rêve d’Achille Duchêne deux siècles plus tard, vers 1935. Il n’y a donc pas de discours à analyser sur les œuvres car elles sont si différentes qu’elles ne font pas à elles seules une histoire du dessin d’architecture. Les dessins ne sont pas les œuvres les plus simples à exposer et le musée des Arts décoratifs ne nous a pas habitués à ce genre de « propositions » qui devraient être reprises par certains musées tant l’idée est agréable : une découverte.

Architectures de papier : de Piranèse à Mallet-Stevens
Musée Nissim de Camondo
63, rue de Monceau
Paris, 75 008
Du 26 mars au 21 juin

damien
Damien

tweet@

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s