Une question à : Jean-Paul Gaultier

Mercredi 1er avril ouvrira l’exposition Jean Paul Gaultier au Grand Palais. Nuançons d’entrée de jeu le terme exposition, que le couturier considère pleinement comme une installation contemporaine, une création à part entière. Quand on connaît les manies de celui que l’on surnomme « l’enfant terrible de la mode » de bousculer les codes et les esthétiques établies dans la mode, on pouvait attendre une scénographie des plus surprenantes dans les Galeries nationales du Grand Palais. Pari réussi.

Pour ce qui est de l’exposition elle-même, vous y retrouverez des centaines de créations du couturier qu’il est difficile de voir en dehors des défilés de haute couture avouons-le. Ces créations, magnifiées à travers huit salles qui ne se ressemblent pas,  plongent le visiteur dans un véritable tourbillon de couleur et d’audace stylistique. S’il s’agit là d’une exposition temporaire, son thème et son contenu sont loin d’être notre spécialité et débordent de notre ligne éditoriale, nous ne nous aventurerons donc pas à vous livrer un avis sur une exposition axée sur la haute couture, d’autres le feront bien mieux que nous. Nous n’avons cependant pas résisté à l’envie de parler d’art avec l’enfant terrible de la mode, et de lui poser à ce propos une petite question.

Thierry-Maxime Loriot, Jean-Paul Gaultier, Nathalie Bondil et Jean Paul Cluzel.
Thierry-Maxime Loriot, Jean-Paul Gaultier, Nathalie Bondil et Jean Paul Cluzel. Photo : Nicolas Alpach


Vous avez commencé vos défilés au Palais de la Découverte, vous voici maintenant au Grands Palais. Andy Warhol considérait vos créations comme des œuvres d’art. Par rapport à ce monde de l’art, vous arrive-t-il de puiser votre inspiration, vos motifs dans la peinture ou dans des créations contemporaines ?

Jean-Paul Gaultier : Totalement. C’est évident, je ne ferais pas ce que je ferais si l’art n’était pas là, si les artistes n’étaient pas là et si je ne connaissais pas leur travail. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a plein de collection dont… justement je le disais avec le Life Ball par exemple où là je vais peut-être prendre certains modèles anciens à moi par rapport à Klimt vous voyez, puisqu’il va y avoir un hommage à Klimt. Mais j’ai déjà fait des collections où je m’étais inspiré d’imprimés de Klimt, où j’avais joué avec la calligraphie un peu sur les vêtements, ça c’est sûr que c’était dû à Klimt ! Frida Kahlo, il y a aussi le constructivisme russe, j’en ai fait une collection totale ! Dans la série Collection Russe il y a un modèle justement, avec un vêtement vous allez voir c’est comme une espèce de robe pull-over avec de la paillette et des lettres cyrilliques, j’ai fait toute une collection avec des lettres cyrilliques, c’était inspiré par le constructivisme, et cela était parti d’un livre sur le constructivisme que j’avais vu, je me souviens que c’est une jeune fille japonaise qui avait vu ce livre et qui me l’avait apporté, elle travaillait pour moi pour faire des imprimés et quand j’ai vu ce livre je me suis dit ça, c’est la collection, elle sera comme ça, exactement ! Toutes les pages, les couleurs, les mélanges de couleurs c’était extraordinaire. En fin de compte vous voyez, même si je ne connaissais pas à fond certaines œuvres, le fait de voir à fond ces livres, le fait d’être touché par une œuvre, me donnait l’envie de connaître plus, de connaître tout ça et de le transposer dans mes vêtements. C’est sûr, on est des voleurs en quelque sorte on est pas des artistes. On l’arrange à notre sauce voilà tout. C’est évident que la vie est remplie d’art. De l’art qui est exposé,  quelquefois qui ne l’est pas, et qu’il faut voir. C’est intéressant de voir l’art là où ce n’est pas évident, c’est comme ça que je me suis dit, je ne sais pas si c’est une démarche artistique ou pas, mais le fait de voir une boîte de conserve et d’en faire un bracelet, ce n’est pas une démarche artistique, c’est simplement avoir une espèce de connexion dans les idées. Je me suis dit d’un seul coup tiens, c’est beau, on peut l’interpréter comme un bracelet africain. J’avais déjà vu des bracelets africains, des bracelets indiens vous voyez, il y a parfois des connexions, perpétuellement avec tout ce qui est visuel. Mais il y a des personnes qui, elles mêmes, pourraient être des œuvres d’art. L’art est là, l’art est partout.


Jean Paul Gaultier
Grand Palais – Galeries Nationales
Du 1er avril au 3 août 2015

Nicolas

tweet@

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