La traversée du Louvre de David Prudhomme

Aujourd’hui, nous restons au musée du Louvre mais pour vous parler bande dessinée. Vous pouvez hurler #OLD en commentaire et vous auriez trois fois raison, cet ouvrage est paru le 06 juin 2012. Il serait trop facile de m’en sortir avec un simple « mieux vaut tard que jamais », ouvrons donc la bande dessinée de David Prudhomme pour le suivre à travers une traversée du musée comme une autre, qui nous livre un Louvre sans concessions, à travers un dessin sublime.

« J’ai un peu l’impression de marcher dans une BD géante… sur tous les murs il y a des cases, tous les formats, tous les styles… » Premier contact : un instant quelconque dans la visite du narrateur, qui se trouve face à un Rembrandt. Mais ce dernier va se retrouver malgré lui au sein de cette bande dessinée géante, au sein de ce musée des beaux hasards. Le crayon de Prudhomme nous fait voir des choses auxquelles nous ne prêtons plus attention au musée du Louvre, et qui se déroulent pourtant sans cesse dans les salles du musée. L’auteur prête davantage attention aux visiteurs et à leur manière d’observer les œuvres… qu’aux œuvres elles-mêmes. Se crée alors un véritable lien entre le spectateur et l’œuvre, et David Prudhomme joue de cette confrontation entre les deux. Sans jamais caricaturer les visiteurs, la bande dessinée nous présente un Louvre criant de vérité, magnifié, dans un univers graphique que l’artiste maîtrise parfaitement à travers son dessin et la couleur. Dans une grande salle grisée, parcourue par les visiteurs marchant à vive allure, une toile parmi toutes les autres semble prendre vie et gagne en couleur : la seule à subir l’attention d’un visiteur, un copiste, dont l’auteur ne peut s’empêcher de regarder curieusement le résultat de son travail, comme nous l’avons tous fait une fois.

Parfois, notre contemplation se joint à celle des visiteurs dessinés, la case est désormais une pleine page, et notre regard s’arrête un long moment sur une jeune femme de dos, assise et plongée dans sa contemplation où le temps semble s’être arrêté. Mais il arrive que l’atmosphère étouffante voire oppressante du musée se fasse ressentir, et l’auteur retranscrit parfaitement cette effervescence en saturant une page de cases de petits formats qui sont plus parcourues du regard qu’admirées… comme au musée. « Ha si seulement on pouvait hurler, mais c’est interdit. Téléphoner aussi mais personne ne respecte. J’appelle. » L’auteur poursuit alors sa visite au pas de course, et traverse le Louvre au fil des cinquantaines de pages qui suivront. Si on arrive assez vite au bout de la bande dessinée, la première erreur serait de lire ce livre comme on lit un Tintin ou un Astérix. La Traversée du Louvre est une véritable invitation à la contemplation, chaque case fourmille de détails et l’on se prend très rapidement au jeu de vouloir identifier chaque salle et chaque œuvre représentée.

Cette traversée nous confronte aux nombreux visiteurs, habitués ou de passage et tous, semblent avoir une histoire à raconter. Ainsi, les touristes scotchés à leur audioguide cohabitent avec l’amateur scotché au cartel, le photographe amoureux d’une sculpture la prenant sous tous les angles possibles, fait écho aux amoureux s’embrassant devant une antiquité égyptienne, le tout immortalisé par un selfie bien entendu. Et la Joconde, quelle place occupe-t-elle dans cette traversée du Louvre ? Si je vais vous laisser le plaisir de la découverte, sachez seulement que l’auteur prend ici un parti pris audacieux mais qui est pourtant criant de vérité. Puisque nous sommes dans la vérité, les maniaques des chiffres et des statistiques seront aux anges puisqu’ils trouveront dans les dernières pages, bon nombre de chiffres relatifs au plus grand musée du monde, du simple nombre d’œuvres au nombre de serrures présentes dans le palais.

Une traversée du Louvre en une soixantaine de pages, le défi était corsé. Mais David Prudhomme nous plonge instantanément dans les salles d’un Louvre que l’on semble connaître par cœur (qui peut prétendre le connaître par cœur ?). Au milieu d’un musée monochrome, les nombreuses touches de couleurs vives semblent réveiller nombreuses œuvres et visiteurs qui nous offrent des situations amusantes, parfois touchantes et qui nous rappellent immédiatement ces petits détails qui nous entourent une fois dans les salles, mais qui nous sont désormais invisibles. Un véritable voyage à la contemplation, et quelle belle contemplation.

louvre traversée
David Prudhomme
La traversée du Louvre 
Première parution : 07/06/2012
215 x 290 mm 80 pages
Prix de vente : 17 €

Nicolas

tweet@

3 thoughts on “La traversée du Louvre de David Prudhomme

  1. Bonjour Nicolas,

    Merci d’avoir mis l’accent sur cette BD que je ne connaissais pas, la BD et la peinture ont de multiples points communs et de temps en temps des oeuvres mettent mieux en lumière les passerelles entre ces deux arts, je pense à Etienne Davodeau « le chien qui louche » ; Catherine Meurisse « Moderne Olympia » ; Jiro Taniguchi « les gardiens du Louvre » sans oublier la série autour de Picasso de Clément Oubrerie et Julie Birmant. Pour les ouvrages les plus récents. Bonnes découvertes et lectures.

    Bien cordialement.

    Florence

    1. Bonjour Florence,

      Quelle coïncidence, l’un de mes prochains billets portera sur « Les gardiens du Louvre » de Taniguchi que j’ai également dévoré. Merci pour votre retour, n’hésitez pas à me faire part de votre impression sur la BD si elle tombe entre vos mains à l’occasion.

  2. j’avais besoin d’une mère tu étais une copine . j’avais un père noel ordurier et il est mort depuis… je me suis retrouvée à faire des choses horribles avec moi même car au milieu de ce chaos je ne me respectais plus et je ne la respectais plus. j’étais dans un milieu hostile. quoi qu’il en soit , on me berçait d’illusions avec des films et ça a provoqué ma mort… aujourd’hui mes amies et ma famille me tournent le dos parce que je les ai trahis en parlant et en les prenant pour des psys.. certains m’ont tués avec des mots déguisés ….. et des lettres .. l’esprit vient aux femmes en demandant aux hommes de me pardonner , j’avais oublié , d’autres se sont amusés à me le rappeler .. je vais prendre ma vie en main et je dis merci à la coccinelle !! ceux qui s’aiment ont le droit de s’aimer , moi je ne m’aime pas .

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