Une balade Art nouveau à Paris

Aujourd’hui, et avant que l’hiver ne daigne s’installer sérieusement, je vous propose un parcours initiatique à l’Art nouveau dans notre belle capitale. Se balader dans Paris et tomber par hasard sur une façade Art nouveau est assez surprenant et le contraste avec les immeubles mitoyens est saisissant. C’est pourquoi, le programme (loin d’être exhaustif) permettra à chacun de se créer un parcours, presque comme un jeu de piste, pour avoir un aperçu de l’Art nouveau à Paris. Avec une église, quelques façades d’immeubles, un édicule Guimard assez singulier, et deux musées pour leur collection de mobilier.

Façade de l'immeuble avenue Wagram, © Damien Tellas.
Façade de l’immeuble avenue Wagram, © Damien Tellas.

L’Art nouveau est le résultat d’un long processus des arts décoratifs au XIXe siècle. Après l’éclectisme des arts décoratifs, les artistes de Grande-Bretagne ont pointé du doigt, notamment à l’Exposition universelle de 1851 à Londres, la situation dans laquelle se trouvaient les arts décoratifs. Plusieurs personnalités furent à l’origine d’un mouvement de réformation de l’esthétique du temps, l’Arts & Crafts. John Ruskin, William Morris, Owen Jones… proposent de nouvelles façons de faire : inspiration sur la nature en la stylisant, un jeu sur les lignes courbes, une production artisanale… Ces idées ont abouti quelques années plus tard, en Belgique à la création du mouvement en 1893 que l’on appelle Art nouveau – du fait de l’existence de la boutique Art nouveau de Siegfried Bing à Paris.

L’Art nouveau se trouve dans tous les domaines artistiques quels qu’ils soient : architecture, peinture, sculpture, arts décoratifs (du papier peint au vase), arts graphiques, etc., qui s’étale grosso modo de 1890 à 1910. Sa particularité est sans doute sa dimension internationale qui fait qu’il prend par conséquent diverses formes selon le lieu. Leur idéologie est claire : l’Art nouveau se veut donc un art social (il produit artisanalement), pour toute la population et tend à uniformiser les intérieurs de chacun (le temps où Louis XVI était au Tuileries et le petit peuple dans le faubourg est maintenant loin).

  • Église Saint-Jean-de-Montmartre – Station Abbesses, ligne 12

Construite entre 1894 et 1904, cette église est, par ses dates de construction, baignée d’Art nouveau à commencer par la polychromie de la façade unique à Paris, mais aussi par ses matériaux divers. Outre son architecture, on peut y découvrir à l’intérieur une architecture très particulière et un autel Art nouveau, bien sûr.

  • Immeuble d’Hector Guimard, le Castel Béranger, 14, rue Jean de La Fontaine, 16e arr. – Station Avenue du Président Kennedy, ligne C

Si vous ne devez voir qu’un immeuble Art nouveau à Paris, allez voir celui-ci. Il est considéré comme le chef-d’œuvre d’Hector Guimard et certainement de Paris ! À la fois élégant, coloré, fonctionnel, pittoresque, cet immeuble ne manque pas de charme… C’est d’ailleurs ici que vivait Paul Signac et le maître même de l’Art nouveau…

  • Musée d’Orsay, 7e arr. – Station Solférino/Musée d’Orsay, lignes 12 ou C

Le musée d’Orsay conserve un bon nombre de mobilier dans le style Art nouveau représentatif de plusieurs foyers : la Belgique, Paris, Nancy… Une collection qui provient de quelques musées parisiens et constituée dans les années 1970 mais aussi souvent enrichie par des donations. Cela va du lit à l’armoire, à la poignée de porte, en passant par le vitrail, le cadre, le bijou, etc.

  • Immeuble de Jules Lavirotte, 34, avenue Wagram, 8e arr. – Station Ternes, ligne 2

J’aime à voir les passants remarquer s’ils passent devant un immeuble aussi curieux soit-il. L’avantage de celui-ci, c’est qu’il a été converti en hôtel, un petit séjour n’est donc pas impossible !

  • Édicule d’Hector Guimard, de l’avenue Foch – Station Porte Dauphine, ligne 2

Inutile de vous les présenter, nous les empruntons tous les jours ! Ces « bouches » de métro sont typiques du paysage parisien. Même si les entrées les plus monumentales de Guimard ont été détruites, celle du terminus de la ligne 2, inaugurée en 1902 est remarquable par ses panneaux de lave émaillée, encore plus depuis sa récente restauration.

  • Musée Carnavalet, Histoire de Paris, 3e arr. – Station Saint-Paul, ligne 1

Une salle surprenante du musée Carnavalet, est la reconstitution de la boutique du bijoutier Georges Fouquet qui, pour renouveler l’art de la joaillerie à l’aube du XXe siècle, a fait appel à Alphonse Mucha pour décorer sa boutique. Une réelle surprise pour les amoureux de l’Art nouveau car du sol au plafond, vous serez totalement immergés en 1900.

  • Immeuble de Jules Lavirotte, 29 avenue Rapp, 7e arr. – Station Pont de l’Alma, ligne C

Les formes courbes profèrent à la façade une allure quelque peu mystique. Je la trouve d’ailleurs un peu lourde comparé à celle du Castel Béranger. D’ailleurs, il ne serait pas étonnant d’y voir quelques mouvances symbolistes, un parti pris par certains artistes Art nouveau.


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Damien

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