Le Sir John Soane’s Museum

Vous faire découvrir des lieux et œuvres méconnus du musée du Louvre, on adore ça. Mais il est temps de faire quelques infidélités au plus grand musée du monde et de partir de l’autre côté de la Manche pour vous faire découvrir un musée londonien aussi intemporel que merveilleux : bienvenue au 12 Lincoln’s Inn Fields, au Sir John Soane’s Museum.

Derrière ce projet, un homme, un architecte britannique, John Soane (1753-1837), dont la grande prospérité de son cabinet lui permit de se constituer une impressionnante collection de peintures et d’antiques. Mais l’histoire de ce collectionneur ne s’arrête pas là, et l’architecte entreprend dès 1792 l’achat d’une maison à Lincoln’s Inn Fields, afin d’y entreposer sa collection de plus en plus importante et de se constituer une impressionnante bibliothèque. Fin de l’histoire ? Pas vraiment puisqu’entre 1794 et 1824, il décide d’acheter les deux maisons adjacentes à sa propriété, et de repenser complètement l’agencement intérieur de ces trois édifices qu’ils redessine entièrement, afin d’y expérimenter ses envies, ses folies architecturales. À la fin de sa vie, Soane obtient un accord du gouvernement britannique, qui stipule qu’à la mort de l’architecte, sa maison qui abrite l’ensemble de ses collections, devienne un musée.

Selon la volonté de l’architecte, les choses n’ont que très, très peu bougé depuis sa mort. Et c’est certainement cette décision qui fait du Soane’s Museum un lieux merveilleux, où le temps semble s’être suspendu depuis 1837. Loin des accrochages ordonnés de la National Gallery, les œuvres sont littéralement présentées selon les goût de l’ancien propriétaire, et chaque espace libre, chaque recoin est prétexte à accueillir une des très, très nombreuses œuvres qui cohabitent au sein de cette demeure. Céramiques grecques à figures rouges, copies de l’Apollon du Belvédère ou répliques du Laocoon, toiles de Hogart, Canaletto, petites obélisques, sarcophage de Séthi Ier, morceaux d’architecture grecque, on se noie au milieu de cette collection. L’atmosphère est saisissante, la lumière tamisée confère un aspect mystérieux, presque mystique au lieu, sentiment qui touche à son paroxysme quand toutes les horloges de la demeure se mettent à sonner en même temps.

Le charme ne serait également pas le même sans le personnel qui travaille au sein du musée, et qui offre des conditions de visite remarquables. Le rôle du gardien et du conférencier n’est d’ailleurs jamais véritablement établi, nombreux sont ceux qui commentent les œuvres qui nous entourent, poussent un panneau de bois pour nous faire découvrir de nouvelles peintures, nous inviter à pénétrer dans une pièce à moitié dans l’obscurité, pour nous faire lever les yeux et nous faire admirer une remarquable verrière invisible à première vue, illustrant bien cette folie architecturale à laquelle s’était livré Soane. Prêtant des parapluies aux visiteurs attendant à l’extérieur, à notre écoute à la sortie de la demeure, on ne peut que se sentir bien au sein d’un musée si riche, accompagné d’un personnel bienveillant.

Le Soane’s Museum est actuellement dans une importante phase de restauration, qui arrivera à terme en 2015 et nous permettra entres autres d’admirer à nouveau les appartements privés de l’artistes situés dans les étages supérieurs, la création d’un ascenseur pour les personnes à mobilité réduite, l’ouverture d’un nouvel atelier de conservation et cabinet d’études. Notons enfin que le musée est gratuit mais vous encourage comme la plupart des musées londoniens, à faire un don. Difficile de ne pas mettre la main à la poche après une telle visite.

Cet été, la maison de George Sand me donnait l’illusion le temps d’une journée d’être plongé en plein XIXe siècle. Sentiment retrouvé au Soane’s Museum, petit musée incontournable de Londres qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. Chaque visite est une expérience à part entière, cette demeure grouille de mobiliers, objets d’époque et d’œuvres d’art, toutes ces petites merveilles constituent un immense bazar qui confère au lieu une atmosphère unique. Un lieu qui semble terriblement vivant, si bien que l’on jurerait pénétrer quelques heures dans la maison de John Soane, pendant son absence.


Nicolas

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