[Œuvres méconnues du Louvre] Les portraits sculptés de David

Les œuvres de Jacques-Louis David comptent parmi les peintures les plus populaires du musée du Louvre. Nombreux visiteurs se hâtent chaque jour devant la seconde toile la plus grande du musée le Sacre de Napoléon, devant les Sabines où encore le Serment des Horaces. Au sein de la salle Daru se trouve un portrait du peintre qui exécuta ses chefs-d’œuvre : Jacques-Louis David. Ce célèbre autoportait est de loin la représentation la plus connue de l’artiste, qui semble contempler chaque jour ses toiles qui attirent aujourd’hui un public bien plus important qu’il pouvait avoir au XIXe siècle. Exécuté alors qu’il était emprisonné au Luxembourg après la chute de Robespierre, cet autoportrait de l’artiste, reconnaissable par son visage boursouflé, n’est pourtant pas la seule représentation de David qui se trouve au musée du Louvre…

Mais pour trouver l’autre représentation de l’artiste, il ne faut pas chercher du côté des peintures françaises, il faut même se rendre à l’opposer du musée, et franchir les portes de l’aile Richelieu, puisque les autres représentations de David… sont en marbre. Et vous ne trouverez pas une, mais deux représentations de l’artiste ! Derrière le célèbre Jeune napolitain jouant avec une tortue de François Rude, se trouve un visage de marbre, à la joue boursouflée et au regard lointain : revoilà Jacques Louis-David, l’un des plus grands représentants de la peinture française du XIXe, immortalisé ici, en sculpture par le même artiste qui réalise ce napolitant jouant, ou plutôt torturant une pauvre tortue. Il s’agit plus précisément d’un modèle exécuté en plâtre en 1826 à Bruxelles, et exposé en marbre au Salon de 1831. Non loin de là se trouve une deuxième sculpture, beaucoup plus travaillée puisque l’artiste est désormais représenté en buste, enveloppé dans un large manteau s’apparentant à de larges drapés et avec une expression plus grave. Cette œuvre fut exécutée par François Rude une fois encore, en 1838 pour les galeries de peintures du Louvre.

La tumeur sur sa joue gauche ne passe pas inaperçue et nous permet instantanément d’identifier le peintre des Horaces derrière ce buste. L’autoportrait de 1794 dissimulait timidement cette maladie dans l’ombre, Rude ne se prive pas de la montrer cette joue boursouflée qui valut à l’artiste le surnom de « grosse joue » par la presse royaliste sous le Directoire, tumeur qui rendait son élocution difficile. Un portrait qui démystifie en quelque sorte le maître de Gros, Girodet, Ingres et bien d’autres, mais qui ne peut remettre en cause le génie de l’artiste, un retour face à ses toiles vous prouvera le contraire.


Nicolas

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