[Lieux inexplorés du Louvre] Le studiolo d’Urbino

On vous parle assez peu de Renaissance, c’est vrai. Pour y remédier, un nouveau lieu inexploré. Inexploré ? Pas exactement, car nous avons remarqué que les visiteurs du Louvre passaient par cette salle comme pour rejoindre les Poussin ou la sortie, ce qui est dommage. Partons en voyage, nous sommes aujourd’hui à Urbino, dans le Palazzo Ducale et plus précisément dans le studiolo du dernier duc d’Urbino… 

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Le studiolo d’Urbino, aile Richelieu, 2e étage. © Damien Tellas

Un studiolo ? C’est cette petite pièce d’un palais ou d’une villa, que l’on trouve dès la Renaissance. Cet endroit sert à son propriétaire pour travailler : un cabinet privé, où il peut également accumuler des œuvres d’art. Ces studiolo sont synonymes d’humanisme pour la période. Celui du duc Federico de Montefeltro (Frédéric III de Montefeltro), dans son palais à Urbino, est particulièrement connu. Construit dès le milieu du XVe siècle, le studiolo de ce palais ducal nous intéresse car son programme iconographique est représentatif de la pensée humaniste de la Renaissance et parce qu’il est reconstitué au Louvre !

Juste de Gand, Ptolémée, huile sur bois. © Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard
Juste de Gand, Ptolémée, huile sur bois. © Musée du Louvre/A. Dequier – M. Bard

Sur deux registres sont représentés – en partie, car une autre partie absente des murs est en réalité conservée à la Galleria Nazionale delle Marche – sur les 14 panneaux, des humanistes : philosophes, hommes de lettre, théologiens ou intellectuels. On retient de grands noms : le pape Sixte IV à qui l’on doit la Sixtine, mais aussi Aristote et Platon transposés dans un décor du XVe siècle, ou bien les saints Augustin et Jérôme. Ils ne sont pas reliés que par leur esprit humaniste. Dans un cadrage serré, ils se détachent tous sur un fond d’architecture dont certains se rejoignent. Les œuvres sont attribuées à un peintre flamand, ceux que l’on qualifie de « Primitifs », Joos van Wassenhove, dit en français, Juste de Gand. On peut très bien saisir la technique flamande : la peinture à l’huile et ce naturalisme qui caractérise tant les Primitifs flamands. Cependant, les œuvres ne sont pas attribuées avec une entière certitude car beaucoup de sources manquent pour retracer la commande, commandée par le duc. Aussi, il semblerait qu’un autre peintre, cette fois un Espagnol, soit à l’auteur de modifications de détails sur les œuvres.

La portée des œuvres n’est évidemment pas la même aujourd’hui ; il s’agit de tableaux indépendants alors qu’ils étaient groupés auparavant. C’est d’ailleurs là, que l’on comprend pourquoi certains pourraient se rejoindre (certains sont sous des poutres, d’autres sous des voûtes d’ogive et d’autres encore pourraient s’assembler pour reconstituer une pièce entière. En effet, à l’origine, ces panneaux étaient assemblés par quatre, mais ils ont été découpés à la mort du duc d’Urbino afin qu’une partie puisse être offerte au cardinal Barberini ; l’autre a voyagé dans différentes collections et est arrivée dans celle de Napoléon III en 1861, pour entrer au Louvre deux ans plus tard.


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Damien – Rédacteur
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