À Alcatraz, Ai Weiwei et ses Lego prennent le @Large

Après la mystérieuse vague médiatique autour de la « jambe fusil » gardée plus ou moins inexpliquée pendant quelques temps, l’artiste chinois récidive avec une exposition baptisée @Large. 

J’aime personnellement beaucoup Ai Weiwei. Pour son imagination toujours plus débordante oui, mais aussi pour sa capacité à être partout alors même que celui-ci est privé de toute liberté de déplacement. En effet, depuis son arrestation en 1981 et sa libération sous caution près de trois mois plus tard, son passeport lui a été enlevé. Depuis 2011, il est même assigné à résidence. S’il ne peut sortir physiquement de son pays, son nom continue de résonner parmi ceux des plus grands artistes contemporains vivants et de nombreuses expositions lui sont régulièrement dédiées à travers le monde.

Une exposition a justement ouvert le 27 septembre dans un lieu hautement symbolique pour ce dissident chinois : la prison d’Alcatraz aux États-Unis. Quoi de mieux pour défendre sa liberté qu’une prison ? Le choix est juste, éloquent et risque de ne pas plaire au gouvernement chinois. D’autant plus qu’Ai Wei Wei a été détenu quelques temps pour fraude fiscale dans une prison tenue secrète, un événement dont il ne faudrait pas trop ébruiter l’histoire.

L’artiste a encore une fois pris le parti de jouer. De façon symbolique mais aussi dans la sémiotique même du matériau qu’il a employé pour représenter ses 176 portraits : des Lego. Les personnages qu’il représente sont des prisonniers célèbres pour leur courage politique. On peut ainsi trouver des légendes comme Mandela mais aussi Edward Snowden le héros lanceur d’alerte traqué par la NSA, actuellement exilé en Russie. Le symbolisme politique se poursuit ensuite à travers la présence d’un dragon en papier mais aussi de fleurs blanches en porcelaine. Plus loin, dans quelques cellules d’isolement les visiteurs pourront également écouter des chansons des Pussy Riot ainsi qu’un discours de Martin Luther King.

Le courage artistique d’Ai Weiwei n’a donc aucune limite. Il prouve ici, encore une fois, que les décisions liberticides qu’un gouvernement peut prendre contre l’art n’affaiblie en rien la production contemporaine. Au contraire, les artistes dissidents y puisent leur force créatrice et continuent à envoyer leurs messages à travers le monde.

marine
Marine – Rédactrice
>Tous ses articles
>Twitter

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s