[Lieux inexplorés du Louvre] La salle Rembrandt

« Le Titien de la Venise du Nord »

Si je vous dis XVIIe siècle et Hollande, à qui pensez-vous instinctivement ? Rembrandt bien sûr ! Ce génie si singulier, inventif et personnel a sa salle au Louvre ! Là encore, il conviendrait de prendre l’aile Richelieu d’une certaine façon victime du succès de l’aile Denon (on se demande pourquoi…). Au deuxième étage et presque fond se trouve cette petite salle que rien ne distingue de ses consoeurs si ce n’est l’artiste. La salle 31 est entourée de salles sur le XVIIe siècle hollandais et bien entendu pour la suite du parcours : des élèves/suiveurs du peintre. 

IMG_4006

Rembrandt van Rijn (1606-1669) a été formé à Leyde par Jacob van Swanenburg qui lui enseigna la peinture d’histoire telle qu’on la faisait en Italie. Il arrive à Amsterdam en 1631 et commence sa longue carrière. Rembrandt aborde aussi bien la peinture d’histoire que le portrait, ou encore des genres mineurs tels que le paysage ou la nature morte dans lesquels il excelle tous ; si bien qu’il fût souvent l’objet de comparaisons avec les grands maîtres des XVIe et XVIIe siècles (Italiens mais aussi Rubens ou Vélasquez). À Amsterdam il dirigea son atelier à l’image de celui de David deux siècles après (dans une moindre proportion !), puisque ses élèves ont suivi la technique du maître, même si certains sont venus en sachant peindre et uniquement pour avoir la technique rembranesque.

Accueillis par son célèbre Autoportrait au chevalet de 1747, un sentiment général peut se faire sentir. Le clair-obscur – où appelons-le comme on le souhaite –, de Rembrandt est unique. Celui de Caravage au début du XVIIe siècle est bien différent, plus froid, et certainement moins chaleureux que celui de notre maître hollandais. Et de fait, toutes les toiles de la pièce sont techniquement assez semblables.

Si le temps vous guette, deux toiles valent à tout prix le détour. L’autoportrait particulièrement mis en valeur et surtout Les Pèlerins d’Emmaüs de 1648 où le Christ apparaît après sa résurrection dans une étonnante sobriété si bien que la seule marque sacrée de la toile soit la lumière dorée qui dessine un nimbe autour de sa tête. À défaut de ne pouvoir vous rendre à Amsterdam, vous savez ce qu’il reste à faire pour voir du Rembrandt à Paris !


damien
Damien – Rédacteur
> Tous ses articles
> Twitter

3 réponses sur « [Lieux inexplorés du Louvre] La salle Rembrandt »

  1. Je découvre totalement par hasard ce site et cet article, je dois dire que c’est un vrai bonheur ! Très intéressant !
    Même si, pour ma part, je préfère le clair-obscure théâtral du Caravage (je préfère l’oeuvre du Caravage dans son ensemble, en fait), que je ne trouve pas du tout plus « froid » que celui de Rembrandt (qui était quand même plus réaliste). Mais c’est une question de goût 🙂

    1. Merci beaucoup à vous ! Cela nous fait très plaisir. Caravage en Italie, Rembrandt en Hollande, ce sont deux formidables peintres et visions de voir ! À très bientôt sur pointculture… 😉

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s