La Victoire de Samothrace 1863-2014

Personne n’a pu louper ce chef-d’œuvre emblématique du musée du Louvre. La Victoire de Samothrace est une sculpture plutôt spectaculaire de la Grèce hellénistique. Entrée en restauration en septembre 2013, elle a regagné mi-juillet sa place dans l’escalier Daru. Il est temps de faire le point sur ce chantier monumental :

La Victoire de Samothrace avant et après restauration. À droite : © 2006 Musée du Louvre / Daniel Lebée et Carine Deambrosis. À gauche : © Damien Tellas.
La Victoire de Samothrace avant et après restauration. À gauche : © 2006 Musée du Louvre / Daniel Lebée et Carine Deambrosis. À droite : © Damien Tellas.

La Victoire de Samothrace en quelques chiffres

Du haut de ses 3 mètres 28, cette allégorie de la victoire a été taillée au IIe siècle av. J.-C., vers 190. 5,57 mètres : c’est la hauteur que font la Victoire et son navire. Découverte en 1863, c’est l’année suivante qu’elle est installée dans ce qui deviendra sa demeure définitive : le Louvre. En 1880, son buste et son aile en plâtre sont remodelés ; la Victoire repose désormais sur son socle. C’est en 1883, à la fin de cette première restauration, que la Victoire prend place au sommet de l’escalier Daru où elle siège encore. En 1934, un bloc de marbre contemporain est placé entre la statue et son bateau afin de la surélever. C’est en 1950 que sa main fut retrouvée – elle est exposée non loin de la Victoire. 23 : c’est le nombre de blocs qui composent le navire. Ils ont d’ailleurs été séparés lors de la restauration…

Pourquoi restaurer la Victoire ?

Aux XIXe et XXe siècles, l’entrée du Louvre était placée de sorte que la Victoire soit l’une des premières choses que les visiteurs puissent admirer en entrant. De fait, elle est aujourd’hui devenue une œuvre phare pour les générations d’après. Aussi, les restaurations du XIXe siècle ainsi que celles de 1934 ont considérablement fatigué la statue. Badigeonnages (qui servaient à homogénéiser l’ensemble de la pierre), remodelages (l’aile, le buste), poussière, visiteurs du musée, puis le temps… ont nécessité une nouvelle restauration d’autant que la Victoire de Samothrace n’avait pas bougé depuis 1945 – date à laquelle on l’avait retirée pour la protéger de la Seconde Guerre mondiale. Mais la restauration ne concerne pas que la sculpture. L’escalier qui entoure la Victoire – lequel est devenu indispensable à la mise en valeur de l’œuvre –, est lui aussi restauré du « sol au plafond ». Cependant, les bâches seront enlevées d’ici le printemps 2015. Dernier élément et pas des moindres, il était temps de vérifier la solidité de tous les scellements de la statue.

La restauration

C’est grâce à l’action d’environ 6700 donateurs que le Louvre a réussi à rassembler la coquette somme d’un million d’euros. En plusieurs temps, la Victoire a ainsi été déplacée dans la salle des Sept-Cheminées non loin de sa place actuelle (le corps, ainsi que tous les blocs du bateau). Plusieurs analyses et examens ont été réalisés par les restaurateurs, une commission internationale de restauration ainsi que l’équipe du C2RMF ; ceux-ci ont même travaillé la nuit, c’est vous dire l’ampleur du chantier ! En octobre 2013, un premier nettoyage est réalisé à l’aide d’une pâte censée ramollir la poussière accumulée. Ces nettoyages durent être réalisés aussi bien sur le marbre que sur les parties plâtrées. Il fallut attendre le printemps 2014 pour accomplir les « bouchages ». Les bouchages ont été synonymes d’accomplissement pour les restaurateurs car il a été question de boucher les parties, nervures ou cassures de l’œuvre afin de lui redonner son aspect d’origine. De plus, le bloc de 1934 (visible sur les photographies ci-dessus) qui était entre la Victoire et le navire a été retiré. Les restaurateurs se sont unanimement entendus pour prouver qu’il gênait la compréhension de l’œuvre, n’étant pas d’origine.

Au terme de la restauration

Quelques traces de polychromies ont été découvertes. Du noir sur le bateau et du bleu sur le manteau de la Victoire Niké. En effet, toutes les sculptures antiques étaient polychromes. Certaines gardent encore aujourd’hui d’évitantes traces mais la plupart sont aujourd’hui blanches. De plus, les différentes fouilles archéologiques du XIXe siècle ont toutes révélé quelques vestiges de la Victoire. Mais tous n’ont pas retrouvé leur place d’origine. C’est un des objectifs de cette restauration : une plume de l’aile et certains plis de la tunique et quelques vestiges du navire regagneront l’œuvre monumentale. Nous l’avons dit, la sculpture entière est composée de différents matériaux (marbre, plâtre). Mais aussi de différentes sortes d’un même matériau. Eh oui, la Niké est en marbre de Paros (un marbre très blanc) alors que le bateau a été taillé dans un marbre de Latros (gris veiné de blanc) ; ce contraste est encore plus saisissant après nettoyage, n’en témoignent les photographies ci-dessous.

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Damien – Rédacteur
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