[Un été au musée] Le domaine de George Sand à Nohant

De Paris, George Sand mettait quarante-huit heures pour rejoindre le domaine de Nohant. Accessible aujourd’hui en une poignée d’heures de route de la capitale, vous pouvez franchir les portes de son domaine dans le Berry et vous offrir une véritable plongée au cœur de la vie de cette femme et du cercle d’artistes prestigieux qu’elle fréquentât. Mais il serait réducteur de s’en arrêter là : c’est bien un véritable saut au sein du XIXe siècle que vous réserve la maison de George Sand à Nohant.

Elle y passa son enfance et garda toujours un attachement profond pour cette maison. Elle y mourra en 1876, après une longue et riche carrière de plus de quarante-cinq ans. À sa mort, peu de personne vécurent au sein de la maison, et la descendance de George Sand conféra à cette maison une aura presque mystique en vouant un certain culte du souvenir de George Sand et pour cause, peu de choses ont bougé depuis la mort de l’écrivain. Si elle divisa sa vie entre Paris et Nohant, ce dernier lieu pris une place de plus importante dans sa vie. Et pour s’occuper au cœur de la campagne, George Sand pouvait compter sur son prestigieux cercle d’amis pour passer de longues nuit à composer ou jouer au sein du petit théâtre aménagé au sein de la maison par exemple.

« Chopin venait à passer trois ou quatre mois chaque année à Nohant. J’y prolongeais mon séjour assez dans l’hiver, et je retrouvais à Paris mon malade ordinaire, c’est ainsi qu’il s’intitulait, désirant mon retour mais ne regrettant pas la campagne, qu’il n’aimait pas au-delà d’une quinzaine et qu’il supportait davantage que par attachement pour moi […] Ce n’est qu’à Nohant qu’il créait et écrivait »¹

Et Chopin passa effectivement de nombreuses nuits à Nohant, où il composa deux-tiers de son œuvre. De l’artiste il reste très peu de choses dans la maison, sa chambre fut complètement transformée après sa rupture avec George Sand (qui établit son bureau à la place de la chambre du compositeur). Seule une porte subsiste, capitonnée, bien différente des autres puisqu’elle servait à isoler l’artiste lorsqu’il se livrait à ses compositions d’œuvres qui sont aujourd’hui connues aux quatre coins du monde. Eugène Delacroix fréquentait régulièrement George Sand et s’est rendu plus d’une fois à Nohant, où il disposait d’un atelier et donnait des leçons au fil de George Sand, Maurice. Mais laissons parler les images. Je vous retrouve quelques photos plus bas.

Indéniablement, la maison de George Sand est un lieu intemporel, qui vous plonge au sein de la vie littéraire et artistique de l’époque à travers une maison qui est restée en l’état, au sein de laquelle ou pourrait presque entendre le piano de Chopin jouer à nouveau, ou les pas de George Sand dans son jardin où elle se rendait si souvent. En partenariat avec le Château de Versailles³, le Centre des Monuments Nationaux expose dans le salon de George Sand, nombreux portraits des artistes qui vécurent le temps d’une journée ou plus à Nohant, en compagnie de George Sand. Même si elles ne cohabitèrent pas toutes ensemble dans ce domaine de « la bonne dame de Nohant », toutes ces figures majeures de l’art et la littérature française du XIXe siècle se retrouvent aujourd’hui, et le temps d’un été, au sein des souvenirs d’une ambiance créative et bucolique qu’on retrouve rarement aujourd’hui. Chopin, Dumas père et Dumas fils, Flaubert, Théophile Gauthier, Delacroix : tous vous attendent à Nohant, dans une atmosphère que décrit si bien Delacroix :

« Le lieu est très agréable et les hôtes on ne peut plus aimables pour me plaire. Quand on n’est pas réunis pour dîner, déjeuner, jouer au billard ou se promener, on est dans sa chambre à lire, ou à se goberger sur un canapé. Par instant, il vous arrive par la fenêtre ent’ouverte sur le jardin des bouffées de la musique de Chopin qui travaille de son côté ; cela se mêle au chant des rossignols et à l’odeur des rosiers. » ²


¹ George Sand, Histoire de ma vie, première édition, Paris, V. Lecou, 1854-1855, nouvelle édition établie par Martine Reid, Paris, Gallimard, 2004 p64

² Lettre d’Eugène Delacroix à Pierret, Nohant, 7 juin 1842, Correspondance générale, publiée par André Joubin, Plon, 1926-1938

³ Les toiles exposées sont prêtées par le château de Versailles. Ainsi, ces œuvres du XIXe siècle qui attirent rarement les foules au sein de la demeure du Roi Soleil, bénéficient du 2 juillet au 26 octobre 2014, d’une belle mise en valeur.

Domaine de George Sand
34600 Nohant-Vic
9h30-13h et 14h-18h30
(En juillet/Août)
Site internet du domaine

Nicolas – Rédacteur en chef
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