Quand la Mort de Sardanapale se dessine sous nos yeux

vincent corpet        vincent corpet sardanapale

Le Musée national Eugène Delacroix est un lieu que j’aime d’amour. Rue de Furstemberg, le temps semble s’être arrêté depuis la mort de l’artiste, un grand calme et une atmosphère unique baignent au sein du dernier appartement et atelier de l’artiste, situés non loin de sa dernière grande réalisation, les fresques de la Chapelle des Anges à Saint-Sulpice. Mais depuis une semaine, l’atelier semble vivre à nouveau et de nombreux visiteurs se succèdent devant la réinterprétation de La Mort de Sardanapale de Vincent Corpet, rejoignant sa série Fuck Maîtres.

Commencée au musée du Louvre il y a quelques années, l’artiste ne pouvait rêver meilleur endroit pour terminer sa copie du chef-d’œuvre de Delacroix. Difficile de ne pas s’enthousiasmer de voir revivre cet endroit, où sous nos yeux se dessinent Sardanapale et ses nombreuses courtisanes en train d’être mis à mort… mais pas seulement. De nombreux crânes sont parsemés au sein de l’œuvre, tournoient autour des figures et semblent illustrer cette mort omniprésente sur la toile qui n’est jamais réellement dépeinte. Inébranlable, Vincent Corpet incise minutieusement sa toile devant de nombreux visiteurs attentifs et complètement hypnotisés par cette création monumentale qui se trouve face à eux. L’artiste dessine, incise, prend du recul, sort fumer une cigarette, et revient quelques instants après, nous laissant seuls quelques instants face à ce classique revisité en cours de création. Quand il s’adresse à nous, c’est pour tout naturellement nous proposer de… marcher sur la toile.

« Ne vous contentez pas de regarder, venez sur la toile ! »

danse macabre        vincent corpet fuck maitres

Vincent Corpet semble très attaché à nous voir parcourir son œuvre, et il est vrai que marcher sur cette réinterpétation de La Mort de Sardanapale est assez déroutant. Alors qu’il nous paraît inconcevable d’effleurer une œuvre, voici que l’artiste lui-même nous invite à marcher sur la toile… le monde à l’envers ! Alors que les visiteurs continuent de parcourir l’œuvre, hésitant, puis absorbés, j’en profite pour échanger quelques mots avec l’artiste.

« Oui c’est vrai, avec le Sardanapale, ces crânes ont toute leur place ici […] C’est une vraie danse macabre à vrai dire. J’ai commencé à dessiner un oeil sur celui-ci (me montrant un crâne), avant de décider d’en faire aux autres… Retournez marcher sur l’œuvre, demain j’ajoute la couleur, et ça ne sera plus possible ! »

Vincent Corpet exécutera sa toile tous les après-midis au sein de l’atelier de Delacroix, jusqu’au 14 juillet inclus. L’œuvre sera ensuite accrochée dans ce même lieu, jusqu’au 31 août. Un rendez-vous à ne pas manquer, ce n’est pas tous les jours que l’on voit une reprise de La Mort de Sardanapale se dessiner sous nos yeux, au sein de l’atelier de Delacroix.

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Nicolas – Rédacteur en chef
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One thought on “Quand la Mort de Sardanapale se dessine sous nos yeux

  1. Bonjour,

    Merci d’avoir mis l’accent sur les musées à voir l’été, Cluny et Delacroix. La place de Furstenberg est ravissante avec les 4 paulownia, à voir la floraison, le lieu est toujours aussi enchanteur.
    Félicitations pour votre blog très riche et varié

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