#MuseumWeek : les coulisses du Centre Pompidou

beaubourg
Vert pour les fluides, bleu pour l’air, le code couleur est lui aussi présent dans les coulisses.

Twitter et les musées, une grande histoire d’amour ? Les établissement investissent de plus en plus les réseaux sociaux, et proposent désormais des rendez-vous réguliers comme le #jourdefermeture, mais la participation peut être mondiale et concerner les visiteurs, quand ces derniers lancent le #museumselfie, entre autres. Et ces manifestations ne sont pas prêtes de s’arrêter. Du lundi 24 au dimanche 30 mars 2014, retrouvez sur Twitter la plupart des musées français et du monde, pour un rendez-vous quotidien autour de la vie du musée, et de ses œuvres. Pour cette première journée, les musées nous présentaient leurs coulisses avec le mot-dièse #coulissesMW et pour l’occasion, nous avons été invités par le Centre Pompidou pour arpenter les couloirs habituellement fermés au public. 

Faisons une infidélité le temps d’une matinée aux parquets craquants et les sols en marbre du musée du Louvre, pour plonger au cœur de ce temple de l’art moderne et contemporain, à l’architecture si surprenante et insolite. Laissons de côté les antiquités grecques et les peintures françaises, et poussons les portes reservées au personnel, pour découvrir une autre facette d’une des plus grands musées de la capitale, qui emploie plus de 1 500 personnes, et présente environs plus de 2 000 œuvres aux visiteurs (parmi les 100 000 conservées) !

Arpenter le musée avant son ouverture est une expérience inhabituelle, et très déconcertante. La proximité avec les œuvres est tout autre, le musée n’en perd pas son âme pour autant, mais le ressenti lorsque l’on parcourt les salles vides est radicalement différent. Nous accédons aux coulisses, pour découvrir une toute autre facette du musée, sans être perdu pour autant. L’architecture et le code couleur caractéristique du bâtiment se retrouvent aussi dans les parties réservées au personnel, vous retrouverez donc les gaines techniques colorées et les couleurs attribuées aux autres éléments au sein des parties habituellement fermées au public.

coulisses beaubourg coulisses

Mais  les coulisses d’un musée ne sont pas seulement les couloirs et pièces habituellement fermées au public, c’est également l’occasion de rencontrer ceux et celles qui font vivre le musée de l’intérieur. Rencontre avec Véronique Sorano, chef de services de restauration des œuvres du Centre Pompidou, qui nous présente multiples facettes de son métier, avant de nous présenter certaines œuvres où la restauration fut particulièrement complexe, comme ce fut le cas pour l’immense toile d’Amédée Ozenfant, Les Quatre Races. On apprend également que chaque année, c’est plus de 3 000 mouvements d’œuvres qui sont effectués au Centre Pompidou, et qu’en moyenne, un sinistre d’œuvre se produit en moyenne par semaine, la faute à des visiteurs parfois peu vigilants. Une équipe essentiellement féminine, qui s’occupe de la restauration et veille à la bonne conservation des œuvres, et cela peut également concerner les nombreuses maquettes qui ne sont pas à l’abri des moisissures. Oui, les toiles, sculptures du Centre Pompidou n’ont peut être pas encore l’âge des œuvres du musée du Louvre, mais elles nécessitent autant d’attention… Et la complexité de certaines installations (citons Soto) donnent parfois du fil à retordre aux restauratrices.

IRCAMstudio ircam

Vous reprendrez bien un peu de coulisses ? Direction l’IRCAM (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique), institution dédiée à la recherche et la création musicale contemporaine, et cette visite se révéla surprenante. Construit sous la place Igor-Stravinsky, véritablement isolé des structures voisines, on se sent déjà dans une sorte de monde parallèle au sein de cet Institut : situé en plein cœur de Paris, le calme absolu qui réside dans l’établissement n’est rien comparé à ce que réserve la chambre anéchoïque, plus communément appelée chambre sourde : véritable expérience, le calme absolu qui réside dans cette pièce n’est pas le seul élément troublant : son architecture, qui nous plonge tout droit dans un film de science-fiction comporte des parois qui absorbent les moindres ondes et si bien que aucun écho, aucune raisonnance ne se produisent dans la salle. La sensation est plus que déconcertante lorsque l’on s’essaye à crier, taper des mains, et que l’on constate que ces sons semblent se dissiper à peine après avoir été produits. La chambré anéchoïque, sert principalement à mesurer le champ acoustique rayonné, émi par un instrument, ou encore à enregistrer des sons mesures de sons très faibles, nécessitant le calme absolu. Cela tombe bien, vous ne trouverez pas d’endroit plus isolé et calme à Paris.

Rencontre avec Nicolas Obin, pour qui la voix ne semble avoir aucun secret, et accompagné d’un matériel pour le moins impressionnant, tout lui paraît possible. Ainsi, il est possible de restituer et d’attribuer des voix à des personnages aujourd’hui disparus (Il travailla entre autres sur le Marilyn de Philippe Parreno), de modifier la voix en temps réel de n’importe qui, et quoi de mieux pour nous en convaincre, que de livrer notre groupe à cette exercice. Marine ainsi, après analyse de sa voix, s’est vue transformée en homme au timbre de voix grave, et le résultat est saisissant.

Mais la visite ne s’arrête pas là, et en guise de conclusion, nous sommes invités à pénétrer dans la salle de spectacle de l’IRCAM, entièrement modulable, elle permet de conférer à la salle l’acoustique que l’on désire. Chaque pan de mur est ainsi modulable, et peu à la fois revêtir un aspect « absorbant » provoquant peu de raisonnance, qu’une face lisse et concave, si bien qu’une fois la salle transformée, on se croirait véritablement au sein d’une cathédrale. Le nombre de possibilités paraît infini, et lorsque plus de 300 haut-parleurs se mettent à diffuser une démo de Natasha Barrett, le son arpente la salle, nous entoure, si bien qu’une fois encore, le résultat est déconcertant.

Les musées ont véritablement joué le jeu cette semaine, et les thématiques étaient suffisamment bien trouvées pour que la participation des internautes ne soit pas la plus basique possible et que chacun puisse faire appel à ses connaissances en histoire de l’art, à sa créativité, ou encore vienne franchir les portes de l’établissement à nouveau. Initiative fort intéressante, véritable laboratoire qui permettra peut-être de pérenniser certaines initiatives lancées au cours de cette semaine dédiées aux musées sur Twitter. Un grand merci au Centre Pompidou, à toute l’équipe multimédia et à tous les intervanants pour cette invitation, live-tweeter cet évènement à littéralement fait fondre mon téléphone, mais cela en valait la peine, tant l’expérience était enrichissante.

coulisses des coulisses
© louvrepourtous.

 

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