Joséphine au Luxembourg, Joséphine à Malmaison

© Point Culture
Joséphine, Musée du Luxembourg, Paris © Point Culture

Il est une figure de l’Empire napoléonien qui mérite d’être détachée un temps du contexte historique et surtout politique. Juste après les sœurs de Napoléon à Marmottan Monet, c’est autour de la première épouse de Napoléon d’être étudiée. Le musée du Luxembourg consacre jusqu’à cet été, une rétrospective à Joséphine de Beauharnais. Mais qui est-elle ? Née aux Trois-Îlets (en Martinique) en 1763 dans une famille noble, elle épouse Alexandre de Beauharnais en 1779 desquels naissent deux enfants. Exécuté lors de la Révolution de 1789, Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie se retrouve seule. Elle rencontra un certain Bonaparte, général corse. De là, ils se marièrent et Joséphine fut couronnée impératrice, ce qu’illustre très clairement la deuxième plus grande toile du musée du Louvre. Bonaparte devient Consul en 1799, puis Empereur des Français en 1804 après son coup d’État. « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. » Non, cette fois-ci, l’Impératrice ne parvient pas à donner d’enfants à son époux – malgré le besoin. Napoléon divorce, et Joséphine fut emportée par la mort en 1814, peu après la Restauration. 

2 décembre 1804, naissance d’une impératrice
Jacques-Louis David, L'Impératrice Joséphine, en buste, de profil à droite (détail), crayon noir, H. : 21,1 cm. ; L. : 16,2 cm., Versailles, Musée national du château de Versailles, © RMN-Grand Palais, Paris 2014
Jacques-Louis David, L’Impératrice Joséphine, en buste, de profil à droite (détail), crayon noir, H. : 21,1 cm. ; L. : 16,2 cm., Versailles, Musée national du château de Versailles, © RMN-Grand Palais, Paris 2014

Cela dit, l’exposition ne s’intéresse pas tant au contexte politique. Elle entend surtout montrer cette Joséphine dans ce qu’elle faisait alors que Napoléon enchaînait les campagnes militaires. Une exposition essentiellement esthétique, relevant l’histoire d’un style, celui bien particulier du Premier Empire (le style Empire), l’histoire d’un goût, celui de l’Impératrice. Pourquoi Joséphine et pourquoi maintenant ? Celle qui donna son nom à la rose « Rose Impératrice » est dotée d’une élégance raffinée, un goût pour la mode, la joaillerie – en outre visible par les pièces de l’exposition –, mais également un goût prononcé pour l’art. La peinture, la sculpture, mais aussi les antiques. Joséphine, c’est aussi une musicienne qui voyage, une passionnée des animaux et de la botanique, sensible aux fleurs. L’année 2014, marque l’anniversaire du bicentenaire de sa mort (en 1814). D’où l’intérêt de lui consacrer une exposition.

L’exposition est relativement courte. Murs gris perle, quelques pans rose incarnat, ponctués de rehauts dorés, une gamme chromatique somme toute, très douce et féminine à l’image de Joséphine. Ces couleurs rappellent étonnamment celles de Van Gogh / Artaud, dans des tonalités plus claires. Pas moins de 120 œuvres présentées, allant du portrait sculpté ou peint, de l’habillement ou des bijoux, aux meubles de l’Impératrice, à ses instruments de musique, documents officiels en passant par les services de porcelaine et sa collection d’art, dont des antiques. Sous la moquette moelleuse du musée, le parquet craque sous nos pieds, durant le parcours. Ce dernier, à la fois chronologique mais aussi thématique, permet bien de saisir les grandes lignes. D’une « Joséphine Impératrice », « un ameublement de la dernière élégance », « la passion des collections », « se distraire avec l’art », etc. Une muséographie et une scénographie à la fois étonnantes et intéressantes. D’un enchevêtrement de vitrines, de bases pour les statues, d’emmarchements pour le mobilier, et des toiles ici et là. Si bien, que le parcours n’est pas vraiment dicté. Plusieurs voies s’offrent au visiteur.

Portraits du général Bonaparte et de Joséphine de Beauharnais © Point Culture
Andrea Appiani, Portraits de Napoleon Bonaparte et de Joséphine de Beauharnais © Point Culture
Joséphine, ambassadrice des arts et de la beauté

L’Empire proclamé le 18 mai 1804, le sacre de l’Empereur des Français se déroule dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, d’une pierre deux coups, c’est aussi le moment du couronnement de Joséphine. Elle devient la première femme du Consulat et de l’Empire, mais trêve d’histoire ! C’est l’histoire d’une femme, qui tient une importance capitale à son image comme le fut sa contemporaine Juliette Récamier. Cependant, il semble qu’il y ait plus de douceur et de raffinement dans sa figure. En ne portant attention qu’aux œuvres et objets de l’exposition, sa figure se dessine très naturellement. Il n’y a qu’à prendre cette délicate porcelaine finement peinte, de la Manufacture nationale de Sèvres. Nous sommes accueillis par sa figure sculptée, œuvre de Jean Lagrange. Plusieurs portraits peints dans des formats saisissants sont présentés. Les adjectifs me manquent et se répètent pour la qualifier. Une femme distinguée. Toujours munie de son petit châle et de ses robes fluides et simples, parfois couronnées de plumes, elle peut porter quelques parures flamboyantes en couleurs présentes à l’exposition.

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Robe à traîne de l’impératrice Joséphine, début XIXe siècle, soie, broderie de fil d’or, tulle, 135 x 300 cm., Malmaison, Musée du Château © Point Culture

« Il faut vous y soumettre de bonne grâces car, bon gré mal gré, j’y suis résolu. […] Elle a embelli quinze ans de ma vie. » Napoléon Bonaparte

Devant l’incapacité de Joséphine à donner un héritier à Napoléon Bonaparte, le divorce de l’Empereur des Français et de Joséphine, se déroula au palais des Tuileries, le 30 novembre 1809. Néanmoins, les deux époux étaient semble-t-il très amoureux l’un de l’autre et ce divorce se fait avant tout au nom de la nation.

Marie Josèphe Rose dite Joséphine à Malmaison

« Les arts et la botanique seront mes occupations. » Joséphine dans une lettre pour son fils Eugène, 1810.

Exceptionnellement, nous avons décidé de mettre en parallèle un court aperçu du château de Malmaison, lequel Joséphine habita jusqu’à sa mort. Juché à 20 petites minutes de la polluante Défense, c’est un havre de paix. C’est à Malmaison qu’elle trouvât refuge jusqu’à sa mort en 1814. Dans ce château, les roses ne sont pas encore sorties à l’heure où je vous écris. Cela étant, le château, d’une taille assez modeste à côté de Versailles, est baigné par le soleil sur sa face sud comme la peint Pierre-Joseph Petit.

Là-bas, Joséphine peut étudier la botanique. Elle est portée par une passion aux roses, qui l’amène à transformer les jardins de Malmaison en une sorte de jardin expérimental. De fait, elle peut se consacrer entièrement aux roses, qui sont encore aujourd’hui entretenues par les jardiniers du château. Elle fit aussi amener dans ce domaine, des cygnes noirs et kangourous entre autres.

Château de Malmaison © Point Culture
Château de Malmaison © Point Culture

Aujourd’hui, le château de Malmaison tente de rapatrier toutes les œuvres représentant Joséphine ou sa famille, mais aussi, tente de regrouper ce qui constituait sa collection auparavant. Dans un état de conservation en apparence remarquable, le château est très bien restitué. Les meubles de style Empire gracieusement mis en scène, mais aussi aux nécessaires de toilettes extrêmement méticuleux aux effigies du couple, nous découvrons également des antiques. Retrouvez-vous également dans le salon de musique de Joséphine, où la harpe couronnée d’un aigle à la Napoléon, se trouve pour le moment au Luxembourg. Une sorte d’exposition « hors les murs », comme on les appelle, entre Malmaison et le Luxembourg. Ce Luxembourg où rue Vaugirard, dans la prison des Carmes, Joséphine fut emprisonnée durant la Révolution accompagnée de son premier mari, Alexandre de Beauharnais.

© Point Culture
© Point Culture
Musée du Luxembourg
Du 12 mars au 29 juin 2014
19, rue Vaugirard, 75 006
_________________
Château de Malmaison
15, rue du Château, 92 500
Rueil-Malmaison

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