[Lieux inexplorés du Louvre] La salle Saint-Louis

« Quinze pierres en place, toutes sorties de l’ombre, ces mots lumineux rendent visibles à la fois celui qui est vu. Le mur, le passage. »

En vous perdant dans le labyrinthe qu’est le musée du Louvre, vous êtes sans doute déjà passé par cet endroit bien curieux, dont les murs sont recouverts de pierres de taille comme un château médiéval. Dans ce Louvre médiéval, où le visiteur passe généralement pour regagner la sortie, se trouve confinée une salle à l’abri des regards, la salle Saint-Louis. Relativement petite, porteuse d’une histoire méconnue, étonnante et intrigante, cette salle méritait d’être mise en valeur aujourd’hui. 

Avant d’être un palais royal et un musée, le Louvre était à l’origine une forteresse médiévale. Charles V, François Ier, Henri II et Henri IV, jusqu’à Louis XIV et Napoléon III, nombreux furent ces grands souverains qui ont contribué à faire de ce palais, un des plus grands et beaux du monde.

© Musée du Louvre / A. Dequier
© Musée du Louvre / A. Dequier

C’est dans le souterrain du palais, que nous conservons des vestiges remarquables du Louvre médiéval. Au départ, le Louvre, c’est une forteresse pour abriter des soldats, sous Philippe Auguste (1165-1223). De son règne, a été ajoutée la salle Saint-Louis. La fonction primitive de la salle demeure incertaine. Louis IX (canonisé en saint Louis) y apporta sa contribution, d’où son nom, la salle Saint-Louis. C’est sous François Ier, et la Renaissance française que le Louvre médiéval a laissé place au palais du Louvre. À l’époque contemporaine, cette mystérieuse salle a été redécouverte par l’architecte en charge de l’élégante salle des Caryatides qui se trouve au-dessus, en 1882. Elle a depuis été intégrée au musée.

© Musée du Louvre / A. Dequier
© Musée du Louvre / A. Dequier

Que trouve-t-on dans cette salle ? Le « vestibule » expose quelques objets qui ont été mis au jour, des bronzes en tout genre. Elle initie à entrer dans cet endroit comme l’on entre dans Notre-Dame. Voûtée d’ogives disparues, une colonne tronquée se trouve au centre de la salle. Quelques culots sont sculptés dans les murs, ces rares motifs. Le fond de cette salle déserte est d’autant plus intriguant, une petite travée voûtée en berceau. C’est aussi curieux, qu’on découvre aisément le fond d’un puit.

« La lumière nous conduit plus profondément dans son autoréflexion, comme une récompense. Mais c’est vous qui apportez le sens, qu’il faudra y retrouver. »

Cette chronique a une double visée ! L’art contemporain s’est invité quelques temps dans le Louvre médiéval. Et oui, des « néons-écriteaux », ont été ajoutés sur les murs, des phrases menant à la méditation. Cette installation déjà mise en place entre 2010, est l’œuvre de Joseph Kosuth « ni apparence ni illusion ». C’est un accord étonnant, mais qui – une fois n’est pas coutume ? –, se marie plutôt bien avec l’architecture médiévale. Après avoir parcouru la Grande Galerie, ou une autre salle tapissée d’œuvres, vous serez sans doute surpris de découvrir une autre forme d’histoire. Il est toujours étonnant de constater qu’un musée, l’est par ses collections éminemment riches mais aussi, mais l’est aussi par l’histoire de ses murs. Que serait le Louvre sans ses collections ? Sans aucun doute, il serait un palais et ses vestiges médiévaux à visiter.

Musée du Louvre
Aile Sully
Entresol
Salle Saint-Louis

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