[Œuvres méconnues du Louvre] Chardin, L’enfant au tonton

La chronique de Damien vous présentait la semaine dernière le couloir des Poules au musée du Louvre. Débordant de curiosité et d’envie de découverte, vous préparez alors votre prochaine visite du plus grand musée du monde, dans le but de découvrir ce lieu inexploré. ARRÊTEZ TOUT. Histoire de faire d’une pierre deux coups, prenez le temps de lire la présentation de cette œuvre méconnue du public, non loin du couloir des Poules.

Oui, près du couloir que vous présentait Damien la semaine dernière, arpentez les salles présentant les peintures françaises du XVIIIe siècle, et arrêtez vous à la salle 39. On y est souvent seuls, loin du brouhaha de la Grande Galerie, loin des flashs mitraillant cette pauvre Monna Lisa. Vous y verrez alors le portrait de ce jeune garçon, mais peut on véritablement parler d’un simple portait ? Aujourd’hui, L’enfant au toton, de Jean-Siméon Chardin.

Et cette toile se lit en deux temps. À première vue, nous voyons ici le portait d’un jeune garçon, appartenant à une famille relativement aisée, bien que la composition semble ici s’éloigner du portrait traditionnel, où la figure représentée opte le plus souvent pour une pose peu naturelle, fixant le spectateur.
Mais ici, il n’en est rien. Et dans un deuxième temps, l’on pose notre regard sur le petit bureau de ce garçon. L’enfant, semble avoir poussé d’un geste ses livres, sa plume, son encrier et son papier qui est en équilibre, sur le point de tomber, pour uniquement se consacrer au jeu, à sa toupie qui semble complètement l’absorber. Le teint doux et pâle de cet enfant se détache sur un fond indifférencié, presque abstrait, nous plongeant presque dans l’imaginaire de l’enfant, faisant abstraction de tout ce qui l’entoure pour se plonger dans l’amusement.

Son regard, plein de tendresse, se pose sur cette toupie qui depuis 1738, ne cesse de tourner. La grande force de cette œuvre est à mes yeux, comme le souligne très justement le cartel, ce caractère intemporel qui transparaît à travers la toile. On s’identifie très vite à ce jeune garçon, nous qui plus jeune, nous laissions prendre au jeu et à la rêverie, délaissant le temps que quelques minutes, ces exercices scolaires qui paraissaient si austères à vos yeux. Tout comme cet enfant, plongé dans ses pensées, l’on se laisse absorber par cette scène touchante, cette scène intemporelle.

chardin enfant au toton
Jean-Siméon Chardin (Paris, 1699 – Paris, 1779) L’enfant au toton , 1738, huile sur toile, H. : 0,67 m. ; L. : 0,76 m., Paris, musée du Louvre.
>Observer l’oeuvre en détail.

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