Étrusques – un hymne à la vie, au Musée Maillol

Sarcophage, dit "Sarcophage des époux'', vers 520 - 510 av. J.-C., musée du Louvre, Paris
Sarcophage, dit « Sarcophage des époux »,
vers 520 – 510 av. J.-C., musée du Louvre, Paris

Les expositions temporaires de la Ville de Paris s’entendent toutes pour être davantage centrées Histoire de l’Art. À l’exception du Musée Maillol (7e arr.). Les Étrusques sont une civilisation que les historiens ont pour habitude de borner du IXe au Ier siècle avant Jésus-Christ. Il s’agit simplement de la civilisation qui a dominé l’Italie avant – et pendant – les Romains. Il est surprenant une nouvelle fois de constater les capacités d’un musée parisien à réunir autant d’objets représentatifs de cette civilisation. Effectivement, ce sont des restitutions architecturales, céramiques, armement, statuettes, mais aussi des éléments architecturaux tels que des acrotères qui peuplent le musée.

La période villanovienne (IXe – VIIIe siècle av. J.-C.) voit la formation de ces cités de façon progressive, qui ont laissé des urnes-cabanes cinéraires dont on peut découvrir quelques exemplaires. La période orientalisante (fin du VIIIe – début du VIe siècle av. J.-C.) se caractérise elle, par l’arrivée en masse d’objets venus d’Orient qui sont assez facilement reconnaissables. On voit également à cette époque la formation des principales cités : Vulci, Cerveteri, Véies, Tarquina, Cortone, etc. La période archaïque (début du VIe – début du Ve siècle av. J.-C.) est le temps du changement notamment grâce au développement du commerce, mais aussi l’affirmation d’identités culturelles inhérentes aux cités. Puis parallèlement à l’époque classique grecque, la période classique (début du Ve – IVe siècle av. J.-C.) est une phase de déclin à l’inverse d’Athènes qui domine la Grèce. Puis la conquête romaine – même si les conflits avec Rome et les Étrusques avaient déjà lieu –, où Rome conquiert les territoires étrusques avant d’envahir tout le bassin méditerranéen.

Tête masculine, fin du VIIe siècle avant J.-C., bois avec traces d'or, h. 21,3 cm, Civico, Museo Archeologico di Milano/Giudici Giuseppe
Tête masculine, fin du VIIe siècle avant J.-C., bois avec traces d’or, h. 21,3 cm, Civico, Museo Archeologico di Milano/Giudici Giuseppe

L’exposition se veut pédagogique, présentant alors les différentes « sous-civilisations » de l’Étrurie à travers les différentes cité-États, mais aussi à travers les différentes époques succinctes. De plus, plusieurs thèmes sont abordés mettant alors le jour sur l’intitulé de l’exposition. Et pour cause : religion, écriture, armes, sport, érotisme, arts, artisanats. Autant de domaines caractérisants cette civilisation étrusque de civilisation heureuse ?

À titre d’exemple, il conviendrait de prendre une œuvre ne faisant pas partie de l’exposition mais conservée au musée du Louvre. Le Sarcophage des Époux synthétise relativement bien ce que l’on conserve des Étrusques. La terre cuite surprend par son réalisme, les visages sont suaves et totalement égaux. L’homme et la femme regardent le spectateur, allongés sur un lit. En somme, c’est un peuple assez moderne qui apparaît. Parcourant les 250 objets de l’exposition, une nouvelle fois l’« hymne à la vie » se concrétise : les objets sont ingénieux. Ainsi donc, il est affaire de jeux, musiques, danses, compétitions athlétiques.

On s’en doute, la plupart des objets ont été mis au jour dans un contexte funéraire. À l’inverse du monde grec qui nous a légué une quantité limitée de bronze, beaucoup de ce matériau a été l’objet de convoitise étrusque. En outre, comme dans la plupart des civilisations (notamment égyptienne), la tombe est la « maison » pour l’Au-delà et se doit d’être meublée en conséquence. C’est dans ces dernières que fut retrouvée de la vaisselle, terres cuites, du bol à la cruche. Mais également de l’armement. Au total, ce n’est pas moins de 6 000 tombes qui ont été découvertes laissant alors transparaître la qualité exceptionnelle des fresques dont on peut voir une restitution.

Tombe dite du Navire, 470 avant J.-C., peintures transposées sur toile, H 2,46 x L 4,80 x l 3,50 m., musée national de Tarquinia.
Tombe dite du Navire, 470 avant J.-C., peintures transposées sur toile, H 2,46 x L 4,80 x l 3,50 m., musée national de Tarquinia.

L’exposition vous promet également une vidéo remarquablement exécutée dans une sorte de petit cinéma. Vous y découvrirez un commentaire des peintures funéraires conservées. Il est également possible de faire un saut de près de 2 500 ans dans l’Histoire, puisqu’une exposition plus discrète est consacrée à Serge Poliakoff « gouaches de 1948 à 1969 ».

Étrusques – un hymne à la vie
Musée Maillol
59-61, rue de Grenelle, 75007 Paris
Métro : rue du Bac
18 septembre 2013 – 9 février 2014

Une réponse sur « Étrusques – un hymne à la vie, au Musée Maillol »

  1. Belle exposition, qui souffre toutefois de l’absence de beaucoup d’œuvres qui sont à une autre expo aux mêmes dates au Musée du Louvre de Lens. Perplexe que 2 expos ce fassent concurrence et appauvrissent la présentation.
    Merci de m’avoir donné envie d’aller à Maillol toutefois un peu cher.

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