Les sœurs de Napoléon : trois destins italiens, au Musée Marmottan Monet

Le Musée Marmottan Monet accueille jusqu’au 26 janvier 2014 les sœurs Bonaparte à savoir Élisa, Pauline et Caroline. Ceci n’est pas dû au hasard que d’ouvrir la porte à ces trois femmes ; sœurs du célébrissime Napoléon Bonaparte, fondateur de l’Empire français. Effectivement, le musée bien particulier par sa configuration du fait des collections acquises par Paul Marmottan (1856-1932) alors amateur du style Empire regorge de mobilier « Empire ». Pour une première visite dans l’hôtel particulier, le parcours a par conséquent un double rôle : celui d’exposer des œuvres néoclassiques et d’initier le grand public aux arts décoratifs – qui peuvent parfois paraître inintéressants.

François-Joseph Kinson, Portrait d'Élisa Baciocchi, XIXe siècle, huile sur toile, 217 x 142 cm, coll. Château de Fontainebleau.
François-Joseph Kinson, Portrait d’Élisa Baciocchi, XIXe siècle, huile sur toile, 217 x 142 cm, coll. Château de Fontainebleau.

Ces doux visages de porcelaine que nous découvrons sont naturellement les sœurs de Napoléon Ier et par extension d’une grande fratrie. Il convient alors de se demander pourquoi un tel intitulé à savoir de « trois destins italiens » ? Sans doute car ce cher Napoléon s’est confié la tâche de marier lui-même ses sœurs afin de leurs assurer une destinée justement à la hauteur de la dynastie Bonaparte. Afin de contextualiser, sachez que les relations entre deux des trois sœurs et Joséphine de Beauharnais (plus connue sous le nom de Joséphine Bonaparte du fait de son mariage avec le premier empereur des Français) furent pour le moins tendues. Par ailleurs, des destins tragiques également pour la mort prématurée de deux d’entres elles : Élisa et Pauline.

Au fil de l’exposition, on se demande assez vite : comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu d’expositions consacrées aux sœurs Bonaparte bien avant ? Oui, Paul Marmottant fut d’ailleurs un admirateur d’Élisa qui – entendons-le – vouât un culte secret à la princesse. Ambassadrices des arts, mais aussi femmes politiques et personnages publics ; les sœurs de Napoléon firent les modèles idéaux des peintres et sculpteurs néoclassiques.

Du point de vue artistique, on ne peut qu’être fasciné par les nombreuses toiles flanquées d’autres meubles et objets Empire. Commençons par François-Joseph Kinson, peintre flamand de la cour qui peignit un Portrait d’Élisa Baciocchi. Tout le génie néoclassique est synthétisé dans la toile. Perfection du dessin, un (énième) retour à l’antique après la période baroque et le rococo, apologie de la simplicité, des valeurs morales. Une touche d’équilibre et d’élégance. Il n’y a qu’à apprécier la toile ci-dessus pour retrouver les différentes caractéristiques néoclassiques.

Les bases étant posées, analysons de plus près Pauline Bonaparte, princesse Borghèse de Robert Lefèvre, peintre français éminemment prolifique et d’un génie inégalé. Représenter de la soie en peinture n’est pas une mince affaire. Même si Jean-Auguste-Dominique Ingres y parvient excellemment, il n’est pas le seul. Effectivement, la robe de cette sœur brille au point que le spectateur pourrait se demander s’il s’agit bien de peinture. En ce qui concerne la texture du sofa en arrière plan. Comment représenter du velours ? Il est parfaitement aisé de ressentir la texture velouteuse du coussin. L’Antiquité est clairement représentée : un buste antique est à la gauche de la princesse, sans compter les moulures antiquisantes du précédent sofa.

Robert Lefèvre, Pauline Bonaparte, princesse Borghèse, 1809, huile sur toile, 65 x 54 cm, Coll musée nationale des châteaux de Malmaison et du Bois-Préau, Rueil-Malmaison.
Robert Lefèvre, Pauline Bonaparte, princesse Borghèse, 1809, huile sur toile, 65 x 54 cm, Coll musée nationale des châteaux de Malmaison et du Bois-Préau, Rueil-Malmaison.

L’occasion alors mise sur la table, voici une initiation à ce fameux style Empire. Même si l’Empire français de Napoléon ne dure qu’une dizaine d’années de 1804 à 1815, le style Empire lui, semble se prolonger. Des suites du rococo, le néoclassique prône un retour à l’antique, nous l’avons dit, mais également un héritage du style Louis XVI. On reconnaît très facilement un mobilier, un vase ou autre « Empire » : rigueur des lignes, usage de l’acajou, bien entendu des pattes d’animaux ici et là, motifs guerriers ou mythologiques. En voici un résumé clair.

Rendez-vous vite au Musée Marmottan Monet avant que l’exposition ne finisse.

Par ailleurs, retrouvez très prochainement un article consacré aux expositions parisiennes qui débuteront début 2014.

Les sœurs de Napoléon
Trois destins italiens
Du 3 octobre 2013 au 26 janvier 2014
Au Musée Marmottan Monet
2, rue Louis-Boilly, 75016, Paris

3 réponses sur « Les sœurs de Napoléon : trois destins italiens, au Musée Marmottan Monet »

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