Philippe Parreno – Anywhere, Anywhere Out of the world. Palais de Tokyo

philippe parrenoMieux vaut tard que jamais pour vous livrer ces impressions sur l’exposition qui occupe depuis octobre dernier la majeure partie voire la totalité du Palais de Tokyo, qui donne carte blanche à Philippe Parreno pour investir le palais.  Considérez les trois niveaux du Palais comme un monde à échelle réduite, voire la matérialisation de l’esprit de l’artiste qu’importe, c’est lui qui tire les ficelles et jouera avec nos sens le temps de quelques heures. Votre vue sera plus que jamais mise à contribution, ne serait-ce que dès la billetterie qui interpellera sans aucun doute le visiteur habitué des lieux. La disposition est inhabituelle et cette forte luminosité qui émane des caisses semble nous rappeler que la touche de l’artiste est déjà présente, une fois les portes franchies. Notons que dans le monde de Philippe Parreno, le visiteur paie un billet qui ne sera jamais contrôlé par la suite, mais rares sont les visiteurs à arpenter les salles sans être passés par cette billetterie lumineuse. Ouf. Mais cette billetterie lumineuse ne fait que préfigurer cette douce attention que l’artiste porte à votre rétine, soumise à des chocs lumineux incessants qui feraient presque passer les oeuvres de François Morellet pour soft en comparaison.  Le fil conducteur de cette exposition ? Petrouchka de Stravinski, qui résonne à travers les trois niveaux du palais, symphonie accompagnée de battements lumineux incessants calés sur les rythmes de la mélodies, vous rappelant sa présence même dans les recoins où les notes ne parviennent plus. Vous aurez beau chercher le pianiste, vous n’y trouverez que des pianos mécaniques.palais de tokyoL’exposition surprend par moment, et quand le visiteur ne se trouve pas face à des musiciens fantômes, il se retrouve face à une scène circulaire où le mouvement suggéré par le déplacement d’un mur et les bruits de pas qui résonnent au dessus de la scène, évoquent le bruit de danseurs fantômes. Le visiteur, loin d’être passif, est constamment sollicité afin de saisir et d’interpréter ce qu’il se trouve en face de lui. Raisonnement rationnel ou masturbation intellectuelle, l’on entend de tout, mais le plus important en définitive est d’entendre, et d’y voir chacun s’approprier ce monde crée par Philippe Parreno. Cette impression de jeu avec le visiteur, semble se ressentir dans toutes les salles : Mur mobiles révélant de nouveaux espaces, salles plongées dans l’obscurité soudainement, afin de révéler des éléments invisibles auparavant, tout semble avoir été pensé pour interpeller le spectateur et troubler sa perception de l’espace. L’écran LED monumental diffusant plusieurs films au début de l’exposition, confirme encore cette volonté de l’artiste à vouloir jouer avec le visiteur, et l’interpellation chez ce dernier doit cette fois, être provoquée par le lien entre l’image et le son, enfin … à vous de voir. Faut-il franchir le pas et se rendre au Palais de Tokyo pour ses derniers jours de l’exposition ? Avec du recul, l’exposition propose peu d’oeuvres, et le temps passé au sein du Palais de Tokyo dépendra de l’investissement que fournira le spectateur face à chaque élément présenté.
D’un point de vue complètement subjectif, votre serviteur n’est pas un grand amateur d’art contemporain, mais sa curiosité le pousse à franchir de temps en temps les portes du Palais de Tokyo ou de Beaubourg pour ne pas se limiter aux oeuvres plus anciennes qu’il affectionne tout particulièrement. Au fil de la visite et des heures qui ont suivi, les images et les mélodies reviennent en tête, ce jeu entre lumière et son qui modifie notre perception de l’espace et des oeuvres, interpelle. Faut-il franchir le pas ? Oui.

Philippe Parreno – Anywhere, Anywhere Out of the World.
Palais de Tokyo
Derniers Jours : Jusqu’au 12 Janvier 2014.

2 thoughts on “Philippe Parreno – Anywhere, Anywhere Out of the world. Palais de Tokyo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s