« Les Jeunes ont la parole » au musée du Louvre

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Quoi de mieux que le musée du Louvre, en nocturne (le mercredi et le vendredi) ? Qui plus est : en hiver ? Rien ! Le musée du Louvre n’est plus le même une fois la nuit tombée. Les touristes sont pour la plupart rentrés à l’hôtel, les groupes scolaires à la maison. Il ne reste plus que quelques visiteurs, et les gardiens subissant l’ennui. Se balader dans le département égyptien quand il fait nuit et sans visiteur, cela fait peur, c’est drôle.

Le musée du Louvre organise un programme : « les Jeunes ont la parole », consistant à faire intervenir des étudiants d’écoles d’art d’Ile-de-France. C’est l’occasion pour le visiteur de découvrir une facette du musée, d’un couloir, d’une œuvre qu’il n’a jamais abordée. C’est en duo que nous croisons ces jeunes vêtus de leur tee-shirt noir et orange.

Par timidité, et c’est dommage, la grande majorité que nous ayons croisée tourne en rond. C’est au visiteur de s’en approcher et de les aborder : chose que j’ai faite. Très curieux de voir ce qu’ils avaient à nous raconter, on s’en approche. Le premier groupe se situait au 1er étage, peu après avoir découvert le département des Objets d’art, dans l’aile Richelieu et plus précisément dans l’escalier Lefuel. Deux jeunes hommes de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Val de Seine. D’abord très content que quelqu’un s’intéresse à leur projet et non qu’on leur demande notre chemin. Et vint la question : « que voyez-vous dans cet escalier ? ». À part l’escalier de pierre sculpté de la tête aux pieds, ainsi que quelques bustes, nous ne vîmes effectivement peu de choses. L’un deux nous éclaira en montrant les vitraux – que vous pouvez voir ci-dessous.

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Vous connaissez désormais mon non-attrait pour l’art contemporain. Cependant, ces vitraux sont très dissimulés, et ne choquent pas dans cette ambiance d’escalier XIXe. François Morellet s’est amusé à remplacer les vitraux de l’escalier par de nouveaux aux premiers abords identiques. Seulement, y sont superposés deux vitraux et ce de façon décalée de sorte à avoir un premier vitrail puis le second comme sur la photo ci-contre.

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Non loin de moi l’envie de commencer une description suivie d’une analyse pompeuse, je vais vous présenter un second groupe. Dans la célèbre Galerie Médicis dont j’apprécie une fois n’est pas coutume les peintures de Rubens sur le cycle de Marie de Médicis : deux jeunes filles en BTS de Design d’espace à l’École Duperré. S’arrêtant devant l’Arrivée de la reine à Lyon.

Très clairement, cette peinture représente la reine arrivant à Lyon sur deux lions (humour) au registre inférieur et au registre supérieur, Jupiter et Junon couple mythique. Les deux étudiantes ont travaillé sur l’idée de la reine s’assimilant à de la mythologie, en nous montrant des montages-collages de Kate Middleton, et autres membres de familles royales dans un cadre comprenant également des personnages mythiques de notre génération.

Pierre-Paul Rubens, l'Arrivée de la reine à Lyon, 1621, Paris, musée du Louvre
Pierre-Paul Rubens, l’Arrivée de la reine à Lyon, 1621, Paris, musée du Louvre

C’est-à-dire qu’on put voir la princesse s’assimilant à Cendrillon, ou encore la famille royale de Suède aux Simpsons, etc. C’est assez surprenant, peu sérieux d’autant que les deux étudiantes étaient dénuées de toutes connaissances sur l’histoire de l’art.

Bien entendu, ce groupe ne reflète pas le programme complet du Louvre. C’est une initiative très intéressante, permettant en premier lieu à des étudiants d’insérer dans leur travail l’histoire de l’art, mais aussi, aux visiteurs d’aborder le musée d’une autre façon. Les jeunes seront encore au Louvre vendredi 13 décembre 2013, ne manquez pas d’y aller !

5 thoughts on “« Les Jeunes ont la parole » au musée du Louvre

  1. Cette installation de François Morellet est fantastique. C’est drôle, lorsque j’amène des gens peu habitués des lieux, cet escalier là est un incontournable, et je leur pose systématiquement la même question « Que voyez-vous » . « Ne trouvez vous rien de particulier dans cet escalier? L’étonnement laisse souvent place à l’admiration par la suite, tant ces vitraux confèrent une intemporalité saisissante à cet escalier. Bravo aux étudiants de de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Val de Seine, le choix de présenter les vitraux de cette façon était l’un des plus judicieux.

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