Désirs & volupté à l’époque victorienne

1855, huile sur toile; 152,4 x 114,2 cm.
Frédérick Goodall, Moïse sauvé des eaux, 1855, huile sur toile; 152,4 x 114,2 cm.

Juchée aux fins fonds du Musée Jacquemart-André dans le 8e, se trouve jusqu’au 20 janvier 2014, une très élégante exposition. Consacrée aux artistes de l’époque victorienne, une cinquantaine d’œuvres toutes aussi surprenantes les unes comme les autres, dans des salles relativement étroites, sont présentées. De 1860 à 1914, l’accent est mis sur le culte de la beauté, la féminité, les pétales, les doux visages, l’innocence et paradoxalement le désir.

Sous les chapeaux de préraphaélites, les artistes touchent à l’Orient, à l’Antiquité, une énième fois « retrouvée » et ce, à travers les sujets abordés mais aussi les tuniques alors en contradiction avec le style victorien assez pompeux. Cette époque victorienne caractérise ainsi un style dont on ne peut nier la perfection, entre finesse du détail et précision du trait.

Il serait absolument inconvenant d’écrire sur cette exposition sans toutefois mentionner les Roses d’Héliogabale peint en 1888 par Alma-Tadema. La ribambelle de pétales fleurs dans des tons de rose éminemment variés trouble. Effectivement, en s’approchant de près (ce que les visiteurs eurent tendance à faire devant cette pièce maîtresse), on peut s’apercevoir que chaque pétale est traitée différemment.

Sir Lawrence Alma-Tadema, Courtiser sans espoir, huile sur toile, 1900, 76,6 x 41 cm, Mexico, Collection Pérez Simón.
Sir Lawrence Alma-Tadema, Courtiser sans espoir, huile sur toile, 1900, 76,6 x 41 cm, Mexico, Collection Pérez Simón.

Outre, la Renaissance florentine du XVe siècle ou le néoclassicisme des XVIII et XIXe siècles, l’époque victorienne aborde un tout autre aspect de l’Antiquité. En effet, il n’est plus question de mythologie greco-romaine, de nus virils, etc. Les thèmes choisis réfléchissent sur l’architecture d’intérieure, et comme il a été dit, la femme.

Sans toutefois ne pas oublier d’omettre une certaine emprunte au monde moderne (architecture, banquette entre autres).

Albert Joseph Moore a retravaillé le drapé somptueux et fluide. Le Quatuor, hommage du peintre à l’art de la musique en est la preuve incarnée. Une nouvelle fois, les drapés lourds sont délaissés. Les trois femmes en frise « à la grecque » de dos, laissent apparaître les chairs de porcelaine provoquant le désir charnel. Couronnées par les chignons parfaitement circulaires, ô bien loin des inélégants chignons 2013. L’anachronisme évident et par conséquent surprenant de la toile : les violons. Des Apollons laissant dévoiler leur virile musculature jouant du violon. Voilà donc cette touche de modernité.

Cependant, le nu féminin n’est pas abandonné. Non loin de là, il est plus parfait qu’il ne l’a jamais été. Le canon grec quelque peu mal proportionné (à en juger devant la Vénus de Milo – pour qui peut réussit à l’apercevoir) et la lourdeur de Rubens ne sont plus d’actualité. L’Andromède d’Edward Poynter est nettement plus fine, plus gracieuse, plus élégante. En somme, oui, moins lourde disons-le. En guise d’aparté, notons le dynamisme de son tissu s’envolant, de la mer enchaînée en claire opposition avec la quiétude de son visage.

J’aurais encore beaucoup à dire et ne donne qu’un bref aperçu. En espérant fort que cette non- exhaustive présentation vous mènera métro Saint-Philippe-du-Roule. L’appellation de l’exposition ne peut être plus évidente.

Sir Lawrence Alma-Tadema, Les Roses d'Héliogabale, 1888, huile sur toile, 132,7 x 214,4 cm.
Sir Lawrence Alma-Tadema, Les Roses d’Héliogabale, 1888, huile sur toile, 132,7 x 214,4 cm.

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