Rome

rome ruelle

L’Apollon du Belvédère du précédent article ne laissait aucune place au doute, ma destination de vacances pour cet été était bel et bien la ville éternelle, Rome. L’on dit que seule Paris est digne de Rome, et que seule Rome est digne de Paris, et bien c’est peut être vrai. Mais pour tout vous dire, le retour à Paris fut difficile. La comparaison Paris/Rome me revenait inéluctablement : Ainsi, je comparais la monochromie ambiante parisienne aux maisons romaines aux couleurs chaudes, les avenues françaises rectilignes aux ruelles romaines, sinueuses et étroites … Un mal d’Italie, en quelque sorte. Un mal de Rome, surnommée la ville éternelle et qui à tant influencé le monde occidental au cours de ces deux derniers millénaires. Je pourrais par ailleurs consacrer au moins un article pour chaque église romaine visitée, tant il y a à dire sur les merveilles architecturales et artistiques qu’elles renferment. Je vous conseille fortement, non, je vous ordonne de franchir le seuil de toutes les églises romaines que vous apercevrez lors de votre voyage à Rome, même l’église la plus discrète en apparence, peut renfermer des fresques sublimes. Préférez San Giovanni in Laterano à San Paolo Fuori le Mura si le temps vous manque, et n’oubliez pas San’t Ignazio di Loyola, ma préférée avec Santa Maria sopra Minerva, une des rares architecture gothique à Rome, aux voûtes d’un bleu étoilé conférant une atmosphère vraiment particulière à cette église.

saint ange

Restons dans l’architecture chrétienne, avec l’inévitable Basilique San Pietro in Vaticano, ou le gigantesque côtoie le sublime, avec la présence d’oeuvres de Gian Lorenzo Bernini  ou encore Michelangelo. Cette démesure illustre de plus belle cette manifestation et suprématie de l’église à partir du XVème siècle. Oubliez la pierre et la caractère parfois austère de nos églises romanes ou gothiques (primitifs), la plupart des églises romaines se caractérisent par leur style baroque, avec une surabondance de couleurs, de mouvements,  de décorations voire une certaine exagération de la tension dramatique des scènes représentées. Revenons au Vatican, qui possède de bien beaux musées. Ces derniers d’ailleurs, sont sublimes, et la richesse des collections pourraient faire pâlir de jalousie notre bon vieux Musée du Louvre. Et puis, il y a la fameuse Cappella Sistina, célèbre pour les fresques de Michelangelo, mais aussi des plus grands artistes de la Renaissance Italienne tels que Botticelli, Ghirlandaio ou encore Il Perugino. Figurez vous que les Musées du Vatican furent ma plus grande déception de ce séjour romain. Avant de me faire lyncher sur la place publique, laissez moi me justifier. Les musées et leurs collections sont sublimes, rien à redire. Mais le fait de s’y rendre un mois d’août rend la visite du musée insoutenable. Si votre imaginaire vous projette en train de contempler d’un air songeur les fresques de Michelangelo sur le plafond de la Cappella Sistina, puis de flâner d’oeuvres en oeuvres, du Laocoon à l’Apollon du Belvédère en toute tranquillité, vous êtes loin, très loin du compte. Explications.

vatican
Voyez plutôt les musées du Vatican en août, comme un joyeux bordel ou les groupes de touristes font légion, ou les employés de sécurité de la Cappella Sistina, probablement dépassés par les évènement et la masse de touristes qui s’amasse toujours plus au sein de la Chapelle, considèrent les visiteurs comme du bétail, les poussant toujours un peu plus vers la sortie, le tout sous une délicieuse ambiance sonore, avec des messages censés imposer le silence, mais qui créent au final, encore plus de gêne. Oubliez aussi la climatisation dans la quasi totalité du Musée : Ainsi, les journées d’été ou le thermomètre s’emballe et la foule s’accumule, arriver à contempler sereinement une oeuvre relève selon moi du prodige. Malgré tout, ces musées contiennent des oeuvres qu’il se faut d’avoir vu au moins une fois dans sa vie. Mais fort heureusement, Rome propose une offre très, très généreuse de musées et il serait difficile de se priver, tant cette ville et l’histoire de l’art sont liés. Réservez préalablement et consacrez deux heures de votre journée à visiter la Galleria Borghese. Le fait d’y faire succéder des groupes toutes les deux heures peut paraître restrictif, mais il n’en n’est rien. Il n’a jamais été aussi agréable de circuler dans un musée avec une collection d’une richesse incroyable. Des plafonds d’Il Correggio, aux toiles de Raffaello, Titien, Il Caravaggio, aux sculptures et mosaïques antiques, dans un cadre exceptionnel : La Galleria Borghese est un véritable joyau que tout amateur d’art italien se doit de voir.

barberini

Continuons dans les indispensables, et fuyez je vous prie, les environs de la Fontana di Trevi, et prenez le temps de visiter le Palazzo Barberini, musée injustement « méconnu » du grand public et qui renferme pourtant des collections de prestige : Une fois encore, les plus grand maîtres de la peinture italienne se succèdent, avec comme pièce maîtresse (selon moi), l’oeuvre di Caravaggio Judith tuant Holopherne. La salle monumentale, abritant les fresques de Pietro da Cortona, La gloire des Barberini, impressionne par ses dimension et sa hauteur démesurées. Et n’oubliez pas de passer une tête aux derniers étages, plusieurs oeuvres de Canaletto concluent cette visite, inoubliable. Enfin, le magnifique escalier conçu par Cavaliere Bernini (encore lui), constitue le point d’orgue de cette visite. Et il y à tellement de choses à voir à Rome, que planifier toutes les visites à de quoi déboussoler, tant cette ville est riche en patrimoine. Le quartier aux alentours de la Gare Termini, aussi laid soit-il, se démarque malgré tout par la présence du Musée National Romain, le Palazzo Massimo. Il vous plongera au coeur de la Rome Antique, non pas par la présence de ruines que nous verront un peu plus tard, mais par son étonnante collection de statues antiques, mosaïques romaines ainsi que quelques rares peintures romaines et reconstitution d’intérieurs romains. Si l’art de l’antiquité est essentiellement connu à travers la sculpture et l’architecture, il ne faut pas pour autant croire que la peinture n’était pas un art maitrisé par les Romains, tout comme les Grecs. Conçues sur des matériaux périssables et plus fragiles que la pierre, très peu nous sont parvenues.

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Avant de quitter le quartier de Termini, prenez le temps de visiter les Termes de Dioclétien, dont l’entrée est comprise dans le prix du billet du Palazzo, avec d’autres musées encore. J’ouvre une parenthèse sur les politiques tarifaires des musées romains, remarquables à mon goût. La plupart des entrées des musées sont bon marché, les billets permettent souvent d’accéder à d’autres musées/site, comme le billet du Colisée par exemple, nous donnant accès au Palatin et au Forum. Enfin, une très grande majorité des musées appliquent la gratuité sur les étudiants en histoire de l’art, chose qui est loin d’être le cas  Paris encore, et que je trouve déplorable. Je reviens donc aux thermes de Dioclétien, les plus grands jamais conçus et les mieux conservés aujourd’hui, je vous recommande donc fortement d’y faire un saut. En regagnant le coeur du centre historique, prenez également une heure pour traverser le Palazzo Altemps, qui abrite une fois encore une remarquable collection de statues antiques, dans un cadre exceptionnel. Son oeuvre la plus célèbre, demeure Le Suicide du GalateCe cadre exceptionnel met en lumière ce qui est remarquable à Rome, c’est de parcourir de nombreux lieux traversés par l’histoire : Les musées prennent place au coeur d’anciens palais, jadis occupés par la papauté ou de puissantes familles italiennes, des parcelles de ruines sont dispersées un peu partout dans la ville, chaque plaque de rue semble avoir été gravée dans le marbre … On se retrouve au coeur d’une ville traversée par l’histoire et les différents courants artistiques, qui se côtoie parfois même au sein d’une même salle. Quittons d’ailleurs la période dite moderne, pour traverser les siècles au fil de notre marche qui nous amènera à la place du Capitole, véritable portail sur la Rome Antique,  dominé par la statue équestre de Marc-Aurèle.

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Si le temps ma manqué pour visiter les Musées du Capitole, je ne me suis pas privé des ruines du Colisée, Palatin et du Forum. Si l’on fait abstraction de la chaleur divine et de la foule abondante, l’on ne reste pas insensibles face à ses ruines monumentales qui ont maintenant plus de deux mille années d’âge, et restent debout, face à nous, comme des véritables témoins du savoir faire romain qui, avec des moyens moindres par rapport à ceux d’aujourd’hui, semblent avoir inscrit leur constructions dans l’éternité.  Vous êtes une personne avertie, vous prendre donc votre billet couplé au Palatin, et non au Colisée ou l’attente pourrait constituer un des travaux d’Hercule. Vous pourrez après cette courte attente, vous immerger dans ce qu’il nous reste de la Rome Antique à son apogée. Le Palatin nous offre cette meilleure immersion dans cette Rome ancienne, et demeure également selon les mythes, l’endroit ou fût fondée la ville. Le Forum, ou plutôt ses ruines, nous présente encore unes fois les restes d’une ville faste et pieuse, riche en temples dédiées aux divinités romaines. Le Colisée lui, illustre encore le savoir faire architectural romain, par la monumentalité de cette construction aux arcs réguliers, aux ordres superposés afin de donner l’illusion d’un affinement de la construction dans sa hauteur. Il reste également un grand témoin quant aux loisirs des Romains sous la Rome Impériale sources parfois de cruauté et qui fut théâtre du martyr d’un bien grand nombre de chrétiens. Terminons par le Castel Sant’Angelo, qui se trouve certes à l’autre bout de la ville, mais offre une belle synthèse entre antique et moderne, puisqu’il fût le Mausolée d’Hadrien et d’autres empereurs, avant de devenir une prison, forteresse puis palais sous la Papauté. Véritable labyrinthe, monumental, il offre également une vue imprenable sur Rome.

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L’impression d’avoir traversé l’histoire ne peut que se faire ressentir après une semaine à Rome. Capitale du monde, théâtre du martyre des chrétiens, ville ravagée et sous l’ombre de Constantinople avant de devenir siège de la papauté et briller à nouveau par une concentration exceptionnelle des plus brillants artistes italiens, cette ville semble avoir inspiré le monde et ses civilisations jusqu’à aujourd’hui. Et son charme ne se trouve pas uniquement dans ses musées ( il y a les glaces, divines, mais c’est une autre histoire.) Arpenter des ruelles maladroitement pavées pour y observer ces vieux immeubles colorés, aux architectures variées et parfois ornées de peinture. Prendre quelques minutes pour entrer dans un immeuble au hasard, et y découvrir une cour intérieure charmante … L’art est dans les façades, dans la rue, au coeur d’un champs de ruines, au coin d’une ruelle… Véritable musée à ciel ouvert, Rome est une merveille, le plus beau cadeau que l’on puisse faire à tout amoureux d’art, d’architecture et d’histoire.

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