#045 // Avis : Dynamo, au Grand Palais.

François Morellet et Soto à Beaubourg, Julio le Parc au Palais de Tokyo, néon, who’s afraid of red, yellow and blue à la Maison Rouge … L’art cinétique et les installations lumineuses ont été à l’honneur ces derniers temps à Paris, monopolisant votre timeline Instagram et votre mur Facebook. Dynamo au Grand Palais, est en quelque sorte un grand bouquet final dédié à cet art très populaire en ce moment, jouant avec le spectateur et sa perception, à travers la lumière, l’espace ou encore le mouvement.
 
J’ai tardé à me rendre à l’exposition Dynamo je vous l’accorde. Et pourtant, elle ne me quittait pas des yeux, le Grand Palais s’est offert une campagne marketing royale pour cette exposition, en créant d’abord le mystère autour de nombreuses affiches stylisées sans titre, puis à la campagne participative, où chaque usager du métro parisien était invité à prendre en photo les différentes affiches publicitaires. L’on entendait déjà énormément parler de l’exposition avant même le lancement des festivités, et je ne vous parle pas des premiers jours, où mes comptes instagram/twitter se sont retrouvés envahis de photos des oeuvres exposées. Trop de Dynamo avant même de m’être rendu à Dynamo ?
Non. Car les avis sont unanimes, Dynamo est vraiment une grande claque. Plus de 4000m2, où le spectateur va se retrouver face à de nombreuses expériences visuelles, parfois troublantes, esthétiquement sublimes pour certaines, tandis que d’autres se révèleront assez violentes visuellement, voire insoutenables pour certaines personnes. En effet, se rendre à Dynamo en étant épileptique serait inévitablement un acte de suicide volontaire. Les installations lumineuses et toiles de l’exposition vont se jouer de vous, complètement troubler votre perception de l’espace et du mouvement, avec parfois une simplicité déconcertante.
Il est préférable à mon avis, de se rendre à Dynamo à plusieurs, afin de comparer la vision et la perception de chacun face à une oeuvre. A partir de là se crée parfois une discussion voire un débat, et mon point de vue sur une oeuvre différait très souvent avec celui des personnes qui m’accompagnaient. Enfin, il ne faut pas négliger l’aspect ludique de cette exposition, qui invite le spectateur à pénétrer au coeur des installations, à tourner autour, à les prendre en photo, et ce plaisir de la découverte est davantage ressenti à plusieurs. Essayez enfin de vous y rendre en semaine, il est alors très facile de prendre en photos les nombreuses installations et illusions que ces dernières vous procureront. Et elles sont nombreuses, très, très nombreuses. L’exposition enchaîne et varie les installations et tendances habilement, mais gare aux surprises, car les oeuvres les plus troublantes ne sont pas forcément celles que l’on croit, et si les toiles abstraites, qui peuvent parfois être considérées comme un repos pour nos yeux,ne sont pas forcément les plus douces pour la rétine. L’exposition est très longue et des temps de pauses s’avèreront parfois nécessaires. On en profite alors pour revenir sur les oeuvres parcourues, et l’impression générale ressentie. Dernière précision, je me suis pour l’instant rendu deux fois à l’exposition, et toutes les oeuvres ne fonctionnaient pas correctement lors de ma seconde visite, ce qui est assez dommage, surtout pour les personnes qui se rendaient à Dynamo pour la première fois.
Les Néons blancs de John Armdeler (Voltes III) ouvrent cette exposition, et se succèdent des paraboles miroitantes d’Anish Kapoor, créant une sensation de vertige troublante, le Light Corner de Carten Höller noie littéralement une pièce dans la lumière, l’installation en plexiglas de Francisco Sobrino, Transformation Instable Juxtaposition Superposition crée la surprise une fois que l’on s’attarde suffisamment sur l’oeuvre pour comprendre sa composition, et comment ne pas parler de l’installation phare de l’exposition, qui crée une file d’attente quelque soit l’heure de la journée, Daylight Blue, Sky Blue, Medium Blue, Yellow, fortement déconseillée aux claustrophobes, vous fera perdre toute notion d’espace et de distance une fois plongé à l’intérieur, et le résultat est vraiment troublant, je n’en dis pas plus. Vous retrouverez également des toiles de Vasarely, des installations de François Morellet et Julio le Parc, mais également la fantastique illusion d’optique de Felice Varini, sur les colonnes extérieures du Grand Palais. Les oeuvres de Dynamo, nombreuses et variées, vous feront perdre toute notion d’espace, et chercher à utiliser l’optique non plus comme une étude du réel, mais une expérience de la vision, et ce en jouant avec la perception de la lumière, des couleurs et des formes. L’on se rend compte au final, que c’est parfois nous qui créons le mouvement d’une oeuvre, par le déplacement de notre regard, ou notre déplacement autour de l’oeuvre. Un mouvement, un relief parfois complexe, est parfois réalisé avec des moyens les plus simples possibles. Ces oeuvres qui s’animent par notre mouvement sont nombreuses et c’est bien là l’aspect le plus important de Dynamo, faire participer le spectateur au coeur d’une oeuvre, pour ne plus seulement représenter l’espace, mais l’utiliser désormais.
Dynamo en met plein les yeux, et ne vous laissez pas décourager par cette grande campagne marketing et les nombreuses photos publiées sur les réseaux sociaux, l’exposition vaut vraiment le déplacement. Si le tarif peut paraître assez élevé, votre billet sera largement rentabilisé, tant les oeuvres et les artistes représentés y sont nombreux. Seule ombre au tableau, aucune contextualisation, et la disposition des oeuvres se fait essentiellement par thème, sacrifiant toute chronologie ou explication sur le contexte de la création de ces oeuvres. Mais qu’importe, on ressort retourné de Dynamo, qui aura joué avec nos sens le temps de quelques heures.
J’ai aimé : 
– Exposition riche et dense.
– De très nombreux artistes représentés.
– L’interactivité.
-Alternance des installations et des toiles.
-Volonté de faire contribuer le public à travers une application.
-Peu d’attente en semaine.
 
J’ai moins aimé : 
-Peu de contextualisation.
-Certaines oeuvres hors service.
-On fait tous les mêmes photos, mais cela est normal.

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